Lundi 29 novembre 2004
New York : boulot et restos...
Je suis rentré. Maintenant, je vais figer les petites anecdotes, toutes ces petites choses sur du "papier". Ce n'est pas que c'est vraiment passionnant, mais je sais que j'aimerai les relire plus tard.
Juste le temps de souffler deux jours avant de reprendre l'avion pour deux
semaines c'est un peu dur... et court. Et pourtant, j'ai mieux dormi qu'habituellement,
ce doit être l'habitude, le rythme. Avant de partir, je vérifie des dizaines
de fois si je n'ai rien oublié. Je m'auto-envoie aussi un petit mail que je
n'ouvre pas et qui servira à prévenir différentes personnes au cas où quelque
chose de funeste se passerait. Mon entourage finira bien par relever mes mails
et je m'imagine mal ne pas tenir au courant mes contacts internautiques proches
de ce qui s'est passé. Encore qu'à ce moment là, ce sera sans doute le cadet
de mes soucis...
Comme d'habitude, taxi puis aéroport. Je n'arrive pas trop en avance donc
je n'ai pas trop à attendre... je me mets même dans la mauvaise file (encore!) mais cette fois ci j'y reste. Un vol en solitaire
m'attend... sauf que je croise un collègue à la porte d'embarquement. Il va
aussi à New York pour affaires mais rien à voir avec ma raison. C'est une
personne que je respecte beaucoup. Un Grec (Crétois plus exactement ce qui
change un peu la donne) qui est en disgrâce ou en mission secrète, je ne sais
pas vraiment. Il s'occupe d'un projet spécial très important et est très autonome
dans son job. Je trouve que c'est fort dommage de se passer de ses compétences
d'esprit d'équipe... j'ai peur qu'il ait été évincé par des personnes moins
bonnes mais avec une plus grande gueule. Il a été mon patron avant Sancho,
deux mois seulement, et on sentait qu'il est très intelligent (tout en jouant
au bon gros chat qui fait semblant de dormir). Il a mis en place des systèmes
qu'on utilise encore aujourd'hui, ce qui l'a étonné d'ailleurs, et quand on
lui demande son opinion, il la donne et ne passe pas deux heures comme Sancho
à nous dire tous les éléments du pour puis tous ceux du contre avant de botter
en touche. Hasard ou destin, nos sièges sont côte à côte dans l'avion. On
parle un peu de nos boulots respectifs puis j'enchaîne repas, film, petit
somme, film. Nous atterrissons sans problème et je suis serein (alors que
ce matin, j'avais une "drôle" d'appréhension), je passe la douane et l'immigration
sans souci, trouve la personne qui m'attend et qui me conduit à mon hôtel.
Je vais au travail en cette fin d'après-midi, j'ai bien pensé à prendre mon
badge de LOJTFrance cette fois, espérant que j'attendrai
moins longtemps au poste de sécurité. D'ailleurs, je me demande si je vais
revoir le même Albanais que la fois précédente.
En effet, il est là et il me reconnaît tout de suite, me saluant en français.
Tout est bien mieux préparé qu'au printemps dernier, j'entre, on me donne
une enveloppe avec mon badge et la clé de mon bureau. Je m'y rends immédiatement,
faisant au passage un petit coucou à Nele
et à un autre financier arrivés en même temps que moi, mais de Suisse.
Le bureau est au fond du couloir avec écran face à la porte et près de l'imprimante...
Mouaif... En fait, c'est pas si mal que ça question tranquillité, je m'en
rendrais vite compte.
Ensuite, c'est parti pour dix jours de boulot, rien de bien passionnant à
raconter, c'est toujours la même routine. Ca commence par la sortie
tôt de l'hôtel, je prends à gauche (en disant bonjour au chasseur), je traverse
l'avenue et ne me presse pas car je sais que pour la suivante, le feu sera
au rouge pour les piétons. Je reste de ce côté de la rue car il y a toujours
un camion qui livre le matin et qui empiète (si j'ose dire) la moitié de la
rue. Je dépasse la station de métro, vois le starbucks de l'autre côté de
la rue, puis longe cette belle église si atypique. Je traverse la rue puis
l'avenue. Un petit coup d'oeil uptown et downtown pour voir le paysage avec
ce sentiment assez bizarre devant tous les véhicules arrêtés et prêts à foncer
dès que le feu (de l'autre côté du croisement) passe au vert. On se croirait
à un départ de cent mètres ou d'un grand prix... Et je me sens un peu comme
le personnage de Sempé devant une mer déchaînée, voyant les rouleaux devenir
de petites vaguelettes et criant "couché" comme si ça changeait quelque chose.
Une rue avec pas mal de restaurants, un coup d'oeil au drapeau du jour du
palace au passage, je prends à droite et j'arrive devant LOJTMonde. Comme
promis, le premier matin, j'ai envoyé à la ville un baiser de
la part d'un pote qui adore New York et qui ne va pas très bien en
ce moment.
Mon humeur a pas mal changé durant ces dix jours de boulot. Au début, encouragé
par le soleil et le temps chaud, je me dis que j'ai de la chance d'être à
New York car je ne sais pas quand j'y retournerais. J'en profite pour regarder
avec attention tout ce qui m'entoure. Le week-end, j'ai un coup de blues.
Parce que j'avais moins de boulot à faire et donc c'était plus de la présence...
et aussi parce que on tolère qu'on soit absent pour se balader un peu, une
heure ou deux, ces jours là... or il pleuvait pour la première fois du séjour.
Rageant quand c'est presque le seul moment où on peut profiter de la ville.
Du coup, ma sortie fut brève et je suis retourné dans mon bunker. Lundi, dernier
jour de préparations pas mal de trucs à faire et puis c'est un jour normal
de travail alors ça fout moins le cafard. Ensuite, grosse réunion, je reste
pas loin au cas où mais je peux faire autre chose l'esprit tranquille et puis
je me dis que le plus dur est fait.
Alors si on passe sous silence la journée à bosser, que reste-t-il? Le restaurant
du soir, pardi. Puisque mon cousin n'était pas disponible et que je n'ai pas
pu le voir, j'ai suivi mes collègues au restaurant. Pas de panique, je ne
vais pas réciter le menu à chaque fois, c'est juste que certains
détails sont notables (on verra si ça se confirme ou pas).
Ca commence le soir de notre arrivée par un restaurant japonais seul avec
Nele, comme la fois précédente. Finalement, je me mets à aimer la
nourriture japonaise, c'est aussi grâce à Nele. En revanche,
le saké c'est toujours pas ça. Le lendemain, ce fut un "early dinner" dans
une steakhouse immense et très bruyante. Nele nous fait remarquer qu'il y
a une femme par table pas plus. Ambiance très masculine donc voire
plus. En effet, nos hôtes nous indiquent que quelqu'un a été tué en sortant
du restaurant (je n'ai pas réussi à savoir si c'était la semaine dernière
ou il y a vingt ans). J'ai été étonné de la richesse de la carte des vins.
Plaisir des yeux, c'est pas cher... et ça vaut mieux car il y a de très grands
crus. Je m'étonne un peu de voir que le vin le plus cher vient de Californie
(année 2001). Plus cher que le Pétrus 1995!! Même écarquillement des
yeux pour les boissons ou digestifs accompagnant les desserts. Le dîner était
tôt car un des participants est parti vers les neuf heures. En effet, il a
deux de transport pour retourner chez lui. C'est assez fréquent ici, surtout
pour les familles avec enfants, mais je trouve ça fou de passer trois heures
ou plus dans le train ou sa voiture. Je prends un verre avec un collègue
râleur et me couche pas trop tard quand même.
Le lendemain, j'accompagne mon chef dans un
restaurant grec, nous marchons dans la ville et passons par hasard devant le
MOMA. Souvenir immédiat de Thanksgiving 2001 avec Fred et sa copine. Le lendemain, en lisant la
presse française sur le net, j'apprends que le musée est fermé depuis près de
trois ans et qu'il va réouvrir le week end prochain.
Après un repas thaï avec deux assistantes, je retourne dans une steakhouse.
Franchement, certains repas de travail sont ennuyeux mais là, c'était franchement
très sympathique. Sept autour de la table dont un collègue qui a fait avec
moi le tour d'Europe cet automne puis s'est trouvé muté très vite aux Etats-Unis.
Il n'a même pas eu le temps de dire "au revoir". Il nous dit qu'il est très
touché de l'invitation, ça le change car, en principe, il mange seul dans
un bar (sa famille est encore en Europe). Repas plein de rigolades au milieu
des steaks énormes et de ma surprise quand je vois le dessert gigantesque
qui m'est servi. Hors de question que j'engloutisse tout ça, j'en laisse la
moitié. Nele, dont on peut percevoir une partie infime de son immense tatouage
dépasser de son épaule, mange ma chantilly. Ca plus le fait qu'elle ait enfin
trouvées de bonnes frites, on ne doit pas être loin du bonheur.
Ensuite (le lendemain), c'est un repas bien plus formel qui a suivi : toute
l'équipe autour du président... Pas la même rigolade. Heureusement, j'étais
dans un coin sympathique. Je sais que ce qui se passe ente collègues
en dehors du boulot a son importance et je me demande si mon futur ne sera
pas aussi déterminé par mes voyages new-yorkais. Par exemple, deux grands
pontes allemands, ce soir là, apprennent que je parle allemand (bien rouillé).
L'un d'entre eux me demande en haussant le menton de leur faire entendre mon
niveau. Nele en profite pour lui balancer à l'oreille que j'ai des raisons
de bien parler cette langue. Après quelques phrases, l'autre grand ponte dit
en rigolant "vous parlez bien, ça tombe bien y a des postes dans un pays germanophone".
Je rigole avec lui, en disant "pourquoi pas?" et je me demande intérieurement
s'il est sérieux ou pas et si moi je suis prêt ou pas. Le lendemain,
c'est un faux restaurant italien, faux car Roberto ne reconnaît rien (et moi non plus).
Avec tout ça (et encore j'omets une autre steakhouse pour un anniversaire), j'ai du prendre du poids, c'est sûr, je vais faire un peu attention et laisser passer les fêtes avant de remonter sur une balance. Dernier jour de présentation, on me convoque pour le débriefing : tout s'est bien passé (comme d'habitude, non?), merci pour les efforts etc. Voila New York version boulot c'est fini pour un bout de temps (en principe). Je maintiens que j'aurais très bien pu m'en passer. Tout le monde ou presque retourne en Europe, moi je reste pour passer deux jours avec Greg sur place. Un petit Thanksgiving sur place, ça peut se faire.
Commentaire(s) :
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