Jeudi 24 mai 2007
The Melbourne identity
Pour information, ici une carte de l'Australie (ma géographie était très approximative à ce sujet avant de partir) et des données sur la monnaie : un euro vaut 1.5 dollar australien (en gros à parité avec le franc suisse)
Départ à sept heures de l'hôtel, pas de grasse mat' pendant ces vacances.
En attendant la navette, la personne à l'accueil (la même que la veille) nous
demande si tout s'est bien passé dans notre balade en ville. Encore un exemple
d'attention et de gentillesse. Le bus s'arrête au terminal international,
tout le monde descend sauf nous. On arrive au "domestic" et nous avons assez
peu de temps pour trainouiller dans l'aérogare en fait. Enregistrement
des bagages, passage des contrôles : Rodrigue
doit enlever ses chaussures et un responsable de la sécurité lui dit "drop
off your pants too" puis après un moment de silence interloqué de la part
de Rodrigue "naaa, just kiddin' ". Ils ont de l'humour ici tiens!
Pendant le vol, Rodrigue s'endort (suivi par sa femme si ma mémoire est bonne)
pendant que je regarde ce qu'on peut faire à Melbourne : apparemment rivale
de Sydney, ancienne capitale, y a des trucs à voir. J'ai une connaissance
internautique à voir le soir et on part demain matin, ça va être court. Je
parle du programme avec Amandine
: on va à l'hôtel déposer les bagages, puis tour de la ville avec le tram,
passage à Fitzroy, on mange là bas, ensuite la plage puis si on a le temps
le centre ville, ouch. On atterrit et on se met dans la file pour les taxis
(même prix que trois billets de bus et puis on est sûr de sa destination).
Comme nous sommes assez nombreux et avec des bagages (surtout que les taxis
ont une roue de secours qui prend une grosse partie de leur coffre), nous
en laissons passer quelques uns (le système est plutôt bien organisé d'ailleurs).
En observant les gens qui passent devant nous, je note que la plupart des
personnes seules s'assoient à côté du chauffeur, ce que je n'ai pas vu faire,
en Europe. A mon retour, j'en parle à un collègue australien installé depuis
à New York : il me dit qu'en effet, c'est plutôt la norme, les gens sont assez
décontractés, il y a moins de barrière sociale. Mais en arrivant à New York,
il a voulu faire pareil (inconsciemment) et le chauffeur, apeuré, a ouvert
la portière et quitté le véhicule.
Le chauffeur n'est pas un causant, ça change un peu. Il nous dépose à l'hôtel
qui a l'air un peu excentré. La réceptionniste est moins avenante qu'à Sydney.
Instinctivement, elle veut donner une chambre à Amandine et une à Rodrigue
et moi, on lui indique que non la chambre commune c'est pour Rodrigue et Amandine.
Comme l'ambiance est décontractée, j'ajoute "don't worry, we will switch during
the night", elle cille à peine et Rodrigue me reproche cette petite
vanne (pas finaude certes m'enfin..) en disant que ça peut choquer les gens
(et le "drop off your pants" alors?).
On se retrouve dix minutes plus tard, je tente d'appeler mon contact depuis
une cabine téléphonique locale, ça coûtera moins cher à ma boîte. L'hôtel
est à côté d'une grande poste, je devrais trouver une cabine sans souci. J'entre
mais en fait cela ressemble à un centre de tri, donc mauvaise pioche.
Un peu plus loin, je trouve une cabine et je l'appelle. La vitesse d'engloutissement
de mes dollars est hallucinante (avant que je me rende compte que ça doit
aller sur son portable), on va à l'essentiel, il me rappellera en fin d'après-midi.
Je rejoins mes deux comparses et nous nous dirigeons vers l'arrêt du City
circle qui passe tous les quarts d'heure. Le but c'est faire les trois quarts
du circle pour voir un peu la ville et sortir à proximité du nord est pour
aller vers Fitzroy. Problème, au bout de quarante minutes, rien (d'autres
tram oui mais celui là, non).On décide d'y aller à pied en faisant au plus
court. On coupe par les Carlton gardens puis on entre dans Brunswick St. J'attends
beaucoup de Fitzroy depuis ce que j'en ai lu dans le guide et aussi car une
amie m'avait dit "Tu vas à Melbourne, va à Fitzroy!". Eh ben j'ai été déçu.
La rue principale c'est une grande route assez moche avec moult boutiques
de fringues (où Rodrigue achète un maillot de bain avec un décapsuleur attaché
à la poche arrière et où Amandine me demande mon avis sur des vêtements pour
leur fille (sic)) et des restaurants. Pas d'ombre, peu d'arbres, plein de
voitures qui passent, franchement bof. Les rues perpendiculaires ont l'air
d'être identiques, ça n'incite pas à aller plus loin.
On s'arrête dans un bon resto italien et on parle de la suite du programme.
Ils sont très intrigués sur la personne que je vais voir ce soir. "Tu sais
à quoi il ressemble?" "Ben non", "Tu connais son âge?" "Euh non" bref ils
me regardent comme un extra terrestre. Je leur explique que la plupart du
temps les gens sont des gens banals (étonnant, non?) et même si le courant
ne passe pas, c'est une soirée, ensuite on partira alors franchement je vois
pas pourquoi ils s'en font. Amandine termine par "ben t'y vas, tu filtres
et tu vois si tu nous appelles" qui me fait soupirer. J'apprends à cette occasion
que Rodrigue est une bille concernant internet (comment un grand consultant
international qui sauve le monde avec ces présentations et ses actions peut
rester tant en retrait, c'est un mystère qui reste entier). Il n'a jamais
tchatté de sa vie (avant d'emprunter le clavier à Amandine pour me dire "coucou"
y a un mois), il n'y connaît rien en forum, un peu plus en blog (son
beauf serait assez connu), bref un autre monde.
On repart vers le sud et on attend un bus pour aller vers St Kilda (la partie
plage de la ville). Le bus arrive, on crie "on y va" et Amandine nous gueule
dessus "non mais vous alliez partir sans moi???" tout ça car elle ne nous
pas entendus (et qu'elle matait les filles). Vingt minutes plus tard, nous
sommes à St Kilda. Grande plage de sable, un Luna Park abandonné. C'est parti
pour la balade sur la plage et enfin je trouve quelque chose de sympa dans
cette ville (à part le jardin plus haut). On se promène pour trouver un tram
qui nous ramène vers le centre (sans trop payer, on n'a plus de monnaie) puis
on marche vers l'hôtel. Rodrigue est fatigué, il va dormir, Amandine le rejoint,
je leur dis que je leur communiquerai où je serai avec mon pote et ils nous
rejoindront. Le pote en question est là plus tard que prévu et par je ne sais
quel miracle, il fait appeler dans la chambre de mes acolytes (on aurait vraiment
du changer de chambre... avant la nuit, finalement). Mec banal de mon âge
qui me guide vers Federation Square alors qu'un orage se termine. On va dans
un bar du coin. On a à peine le temps de commencer à papoter (et à boire,
et non pas de la Foster) qu'un groupe assez bas de gamme pousse la chansonnette
un peu fort, on s'entend mal.
Je reçois un texto de Rodrigue sur notre lieu et je lui réponds. Je dis à
mon pote les réticences qu'ils avaient et quand ils arrivent et voient deux
mecs lambda qui parlent autour d'un verre, il leur dit 'it's OK I don't have
any axe with me, mates". On propose de manger ensemble (dans un coin moins
bruyant si possible), il nous suggère un restaurant italien. On a déjà "fait"
ce midi mais on se laisse tenter, il a l'air pas mal. Effectivement c'est
du resto un peu plus haut de gamme avec de très bons vins locaux. Ce gars
est de Melbourne mais il a habité à Sydney. Il est aussi allé en Europe, d'ailleurs
ça lui a fait bizarre de dormir dans un hôtel à Prague qui soit âgé
de quatre siècles, c'est deux fois plus vieux que les bâtiments les plus anciens
ici. Il fait beaucoup de voiture (mille deux cents kilomètres par semaine),
c'est peut-être pour ça qu'il était prêt à venir à Sydney pour prendre un
verre avec moi un soir (le fou!) et, dans ses hobbies, est arbitre de foot
(le vrai foot, pas le foot australien qui est un truc super bizarre). Le pire
qu'il ait fait c'est un week-end, aller à cinq cents kilomètres de là pour
arbitrer un match, mais le terrain était trop sec donc il a annulé le match
et est rentré chez lui (le genre d'anecdotes qui montre bien que la notion
de distance est relative). Le repas est très bon et le courant passe bien.
Amandine insiste pour inviter l'Australien, je remarque qu'elle fait souvent
ça, quand elle compense c'est avec excès. On revient à notre hôtel en goûtant
un peu de la douceur du soir et des belles illuminations.
Au final, je ne suis pas très emballé par Melbourne, je trouve qu'elle manque
d'identité, de personnalité. Une collègue australienne (une autre, de Melbourne
cette fois-ci) me dira à mon retour que Sydney est plus séduisant au premier
abord mais que Melbourne ne manque pas d'attraits, bref c'est normal que j'ai
été plus charmé par Sydney. En même temps, j'ai le sentiment de ne
pas avoir vraiment laissé sa chance à cette ville. On n'a pas eu le temps
de visiter le centre, Fitzroy fut décevant mais mon amie dit qu'elle a vécu
là bas quelques jours chez des amis à elle et qu'elle a trouvé cet endroit
très agréable. Sans l'autochtone rencontré en fin de journée, je pense qu'on
aurait manqué une partie intéressante de la ville.
Le lendemain, nous prenons notre petit-déjeuner à l'hôtel, Rodrigue et Amandine sont un peu en retard car ils ne se sont pas réveillés. Il est temps d'aller chercher la voiture de location, j'y vais avec Amandine pendant que Rodrigue s'occupe du check-out. On arrive chez le loueur et je dis à Amandine "regarde y a ton nom sur le tableau lumineux", mal orthographié mais quand même. Amandine a une carte de membre (ceci expliquant cela) et demande la voiture réservée. Je suis le deuxième conducteur, je sors mon permis suisse, largement suffisant. Mon permis international (et celui d'Amandine) n'ont servi à rien, bon pas trop grave. On nous donne une carte de Melbourne, d'Adelaide, des Etats de Victoria et South Australia. Je lis qu'en raison des restrictions d'eau, il se peut que la voiture ne soit pas dans un état impeccable. La voiture paraît nickel, on en fait un tour rapide. Assez spacieuse, boite automatique car Amandine ne peut pas conduire une boîte manuelle, elle sera donc la principale conductrice (en plus, ça ne la dérange pas). Nous allons partir et Amandine me rejoint vers la porte avant gauche. "Euh non, le volant est à droite ici, rappelle toi". Ah les réflexes. Elle sort du parking, ça fait très bizarre de rouler à gauche (surtout aux croisements), en plus les commandes au volant sont inversées, du coup elle met les essuie glaces au lieu du clignotant. On va à l'hôtel récupérer Rodrigue et les bagages et on part vers la Great Ocean Road. Trois jours de voiture pour rejoindre la ville d'Adelaide.
Commentaire(s) :
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