Lundi 4 juin 2007
On the (Great Ocean) road again
Pour information, ici une carte de l'Australie (ma géographie était très approximative à ce sujet avant de partir) et des données sur la monnaie : un euro vaut 1.5 dollar australien (en gros à parité avec le franc suisse)
On est partis depuis cinq cent mètres et je me trompe de route car je lis
mal un panneau (je suis myope, ça n'aide pas), heureusement Rodrigue
rattrape le coup. Autoroute jusqu'à Geelong, Amandine
s'habitue petit à petit aux commandes et on se dit (enfin pas Rodrigue qui
roupille à l'arrière au lieu de préparer son speech, j'y reviendrai) qu'on
aurait dû prendre des CD. On fait une pause à Lorne, pause jus de fruits pressés
ou café (Rodrigue et surtout Amandine sont des accrocs de café ; elle, sans
sa dose, a de la migraine et ne tient pas), y a une compil' de Gainsbourg
en fond musical, amusant. On achète des cartes postales puis on reprend la
route. La Great Ocean Road c'est beau "mais y a pareil au Liban" dit Amandine
qui en profite pour gueuler pour réveiller Rodrigue "Réveille
toi, y a du paysage à voir!!". Ca fait quinze ans que je le connais
et qu'il clame qu'il peut rattraper son sommeil ou prendre de l'avance à plusieurs
semaines de décalage, ce dont je doute. Comme je ne le vois quasiment plus
qu'en vacances, il dort énormément, "pour récupérer" dit il. Je sais qu'il
a un boulot fatigant (moins que ce qu'il dit mais crevant tout de même), n'empêche
je m'interroge sur sa faculté démultipliée de récupération.
Je rigole un peu quand le guide dit que la route est très escarpée et qu'à
"chacun de ses virages apporte son lot de superbe paysage aux passagers et
une angoisse au moins égale aux conducteurs", franchement c'est très exagéré.
La route est sinueuse mais bien large, alors de jour c'est franchement très
praticable. De nuit? Règle numéro un : on ne roule pas de nuit en dehors des
villes. Les animaux morts sur la route sont là pour nous le rappeler fréquemment.
Toikimeli, si tu veux voir une route vraiment sinueuse et qui apporte de l'émotion
forte, je conseille la route de Silaos à La Réunion.
On voit qu'il y a beaucoup de touristes car tous les trois ou quatre kilomètres,
il y a un panneau "drive left in Australia", ce que je ne reverrai jamais
ailleurs (à part, dans le même ordre d'esprit le "look right" aux passages
piétons à Sydney, ça a été mis en place pour les Jeux Olympiques il parait).
On mange à Apollo Bay puis on repart car on a encore pas mal de route à faire
avant la nuit. La route coupe à travers les terres mais Amandine suggère qu'on
aille voir le phare à Cape Otway. Va pour le phare qui a vu la première ligne
de télégraphe jusqu'à la Tasmanie et qui a évité que bon nombre de bateaux
ne s'échouent sur cette côte très inhospitalière. Nous reprenons la route
et nous ne traînons pas si on veut voir les douze apôtres (le cliché
de la great ocean road ) avant le coucher du soleil. On y arrive alors que
le soleil commence à être bien bas (et que je me dis qu'on va devoir rouler
de nuit). Ce site naturel est très bien fait, il y a un grand parking puis
un passage souterrain qui amène sur la falaise. "Avec le soleil à contre-jour,
va falloir être doué en photo pour faire un cliché digne d'une carte postale"
dis-je à Amandine. On reprend la voiture pour arriver alors que la nuit tombe
sur le London Bridge, ancien pont naturel qui s'est effondré en son milieu
en janvier 1990. Vers dix-neuf heures, nous entrons dans la riante petite
bourgade de Warrnambool à la recherche de notre bed and breakfast. Amandine
explique qu'elle a eu beaucoup de mal à trouver un endroit où dormir et elle
est assez perplexe sur ce qu'elle a pu dégotter. Je la rassure, je ne suis
pas très exigeant. Enfin, il faut qu'on y arrive déjà. La carte est assez
merdique, je vois que ce n'est pas loin du promontoire où on peut voir des
baleines (si c'était la bonne saison et s'il ne faisait pas nuit noire),
on appelle Don, notre hôte, il nous donne des précisions et sort avec une
lampe, ce qui nous permet de le retrouver. Don a soixante ans bien tassés,
une tête un peu bizarre. Il nous montre nos chambres, on s'y pose un peu,
se demandant où on va manger. Don nous dit qu'il va rejoindre des amis à quelques
kilomètres au restaurant et nous propose de l'accompagner. Chouette, on va
voir des gens! On accepte et on l'emmène. Le resto en question c'est à peine
mieux qu'un rade de base. Rodrigue aura un témoignage bourru d'affection éthylique
alors qu'il va prendre les boissons. Les amis de Doug sont deux femmes de
son âge environ et un mec, autour de quarante ans (à prendre avec des pincettes,
je suis nul pour estimer les âges). La nourriture est panée (comme très souvent
mais à l'époque je ne le savais pas) et pas géniale mais c'est intéressant
de parler avec des personnes du coin. Nous évoquons notre périple et on nous
dit, entre autres, qu'il y avait du monde sur le London bridge lorsqu'il s'est
cassé (mais pas là où il s'est brisé, heureusement). "Que foutaient des gens
en plein hiver sur le rocher??" dit Amandine. "Euh, janvier c'est l'été" lui
répond-on . Alors que la journée a été plutôt fatigante (pourtant je n'ai
pas conduit), je suis plutôt en forme et mon vernis de culture type Trivial
Pursuit fait des merveilles... mais je me dis que j'en fais sans doute un
peu trop. Une des amies de Don parle d'une "ferme" qui a recueilli des koalas
après un grand incendie : ils y sont soignés. Amandine rêve d'aller voir ses
mignonnes petites bêtes et l'amie dit qu'elle doit y passer demain matin,
alors elle n'a qu'à venir. Ca tombe bien le lendemain, on a peu de route à
faire, alors on peut partir à midi. En revenant chez Don, ce dernier tient
à nous montrer toutes les rues de la ville alors que je voudrais juste rentrer
dormir. Arrivé chez lui, il nous propose de boire un verre au salon mais on
décline poliment, on est épuisés. On se met d'accord sur l'heure du petit
déjeuner et sur le timing des douches. Amandine envisage de se pointer en
pyjama au petit dej, je lui déconseille.
Le lendemain, alors que nous mangeons, débarquent quatre femmes type "veuves
noires", elles étaient aussi chez Don la nuit passée. [Aparté sur les veuves
noires, Toikimeli. Il y a un peu plus de dix ans j'étais en vacances (je crois)
chez mes parents quand ma mère a reçu des collègues profs de langue pour un
thé en extérieur. L'aspect chic de ces quinquagénaires réunies en club autour
d'un thé a fait que je leur ai donné ce nom (je sortais des nouvelles policières
d'Asimov), et depuis il est resté]. Alors voilà, à Warrnambool, c'était un
peu le même style (Amandine le confirme un peu plus tard, en les écoutant
et en regardant leurs bijoux ou leurs habits, elle a bien fait de ne pas se
pointer en pyjama). Elles viennent de Melbourne pour s'amuser et parier. Evidemment,
nous sommes vus comme des personnes exotiques et elles s'intéressent à notre
voyage. Une d'entre elles demande à Don, s'il lui reste du Vegemite, Don la
rassure et va chercher plein de portions individuelles. Curieux, je demande
ce que c'est. "Oh you don't know Vegemite??
Try it on a small part of your toast". C'est une pâte noire assez épaisse
et je ne vois pas pourquoi on devrait en mettre un tout petit peu alors que
ça ressemble à de la confiture (le conditionnement est le même et l'emploi
semble équivalent), mais j'obtempère. Je goûte et... c'est dégueulasse (je
peux avoir de la poutine pour faire passer le goût??), surtout au petit dèj
avec le chocolat au lait. En élément de sauce pour un plat principal, il me
semble que ça peut être acceptable. Forcément, les veuves noires rigolent
de me voir détester ce plat si typiquement australien (enfin la boîte qui
le produit c'est Kraft...), le genre de "mets" qu'on apporte quand on va rendre
visite à un Australien expatrié.
L'amie de Don s'est trompée de jour, donc elle ne vient pas nous chercher,
mais, pas de chichi, on peut quand même aller à la ferme. Don nous accompagne
et nous guide, enfin il essaye. On se perd un peu dans la campagne autour
de sa ville, il va frapper à quelques portes. Un moment, on tombe sur une
barrière sur une petite route, il descend et la pousse. On lui demande si
on a "le droit" de faire ça (on dirait bien qu'on est sur un chemin privé).
Il a cette réponse qui doit résumer la philosophie australienne décontractée
et désarmante "Ah oui mais une porte, ça sert juste à empêcher d'entrer ceux
qui ne veulent pas la pousser". Il a raison c'est là qu'on doit aller. La
"ferme" est sur une colline, on passe des moutons qui paissent et qui sont
encadrés par des alpagas pour remplacer les chiens de berger (ça marche moins
bien, il paraît, l'alpaga étant moins crétin que le mouton mais pas aussi
malin qu'un chien). Près de la maison, il y a des cages avec des koalas et
d'autres avec des perroquets. Dans la maison, une femme, la quarantaine et
son aide, la vingtaine (et encore) soignent et nourrissent deux koalas rescapés
de l'incendie. Amandine est aux anges et s'extasie sur les animaux pendant
que je regarde comment la pièce est disposée. Il y a un tableau blanc avec
le "roster" (je trouve pas l'équivalent.. la liste des participants en gros)
où il est écrit et souligné de ne pas trop nourrir ou mal nourrir les animaux,
de venir que si le nom est prévu sur le planning et que les personnes qui
s'inscrivent elles-mêmes sont très mal perçues. Ca sent la poigne ferme mais
c'est nécessaire car j'imagine que plein de personnes bien intentionnées envers
les pauvres zanimaux peuvent très mal s'y prendre et faire de gros dégâts.
On reste une bonne heure, finissant dehors quand la fermière ramène un koala
(Robby) dans sa cage après les soins. Et c'est là qu'on comprend pourquoi
les perroquets répètent "Hello Robby", c'est ce que la fermière doit dire
en arrivant. Rodrigue leur apprend "ça va??" et il y arrive plutôt bien. Amandine
a l'insigne honneur de porter un koala mais au moment où elle le rend à la
fermière, des petits chiens aboient à ses pieds, ce qui crispe le koala et
comme il stresse, il passe sa patte sur la joue d'Amandine, la coupant un
peu à la joue et enfonçant sa griffe dans la lèvre. Très bon réflexe d'Amandine
qui fait preuve de beaucoup de sang froid : elle ne bouge pas et attend que
la fermière prenne l'animal. Une fois que c'est fait, je m'approche d'Amandine
(j'étais derrière elle) et je sors un mouchoir pour qu'elle essuie la petite
perle de sang. Ca a l'air très superficiel, tant mieux. Rodrigue n'a pas vu
l'incident, il parlait aux perroquets. Amandine le prend bien, disant que
ce sont des choses qui arrivent avec les animaux. On reste encore un peu,
Amandine donne son obole à la fermière puis on repart avec Don. Ce dernier
nous montre un bar en ville (juste pour information, pas pour qu'on y aille)
: "il est bien, ce bar, calme, y a pas trop de chahuts". "Ah?? car ça arrive
dans les autres bars de la ville qu'il y ait des bagarres??" "Ah oui oui"
dit-il en rigolant. On le dépose chez lui (via un garage), on le remercie
pour son accueil et son temps et on reprend la route.
Avec tout ça, il est déjà assez tard. Nous faisons une pause à Port Fairy
: resto correct pour moi (pas pour les deux autres), serveuse débutante, c'est
rien de le dire. Après deux heures de route, nous quittons l'Etat de Victoria
pour celui d'Australie Méridionale et au passage, nous reculons nos montres
de trente minutes. Juste à côté de la frontière se trouve notre prochaine
étape : Mount Gambier. Amandine s'excuse par avance, elle n'a pu trouver qu'un
motel , on la rassure en disant que ce sera sans doute très bien. On arrive
sur le coup de quatre heures, on dépose nos bagages puis on décide d'aller
en ville voir les lacs (la célébrité de la ville) avant la nuit. Grâce à un
plan de la ville, nous trouvons le blue lake sans souci. C'est un grand lac
aux jolies couleurs bleues (t'avais deviné, je parie) qui fournit de
l'eau à la ville. Mais depuis plusieurs décennies, le niveau de l'eau baisse
dangereusement. Bizarrement, le lac est fermé, en fait la route qui fait le
tour. Nous arrivons quand même à le voir et à prendre des photos. L'autre
lac (Valley lake) paraît tout proche, je propose qu'on le rejoigne à pied.
Rodrigue me suit, pas Amandine qui nous retrouvera là bas en voiture. Je pars
avec Rodrigue et on se retrouve vite à grimper sur un chemin dans les bois.
"Hey, on dirait Buda, non?? Enfin sans l'immense statue en plastique en haut
je suppose!!". Nous marchons d'un bon pas et comme on est tous les deux, on
parle un peu de nos vies, professionnelles notamment. Je lui confie mes doutes
sur le fait que depuis dix ans, il me dit qu'il se donne à fond mais qu'une
fois arrivé en haut, il pourra lever le pied. Il me répond qu'il sait que
c'est faux, qu'à chaque palier, il y en a un plus haut mais qu'il est en conscient.
Et puis qu'il aime ça aussi, même si tout n'est pas simple depuis qu'il est
associé. Cela me confirme que cela me donne l'impression d'être une fuite
en avant, (en connaissance de cause, certes) et que ce n'est pas du tout ce
que je me souhaite.
Avec tout ça, on marche depuis un bon moment or le second lac est bien plus
bas que notre chemin mais on ne se voit pas couper à travers les bois. Un
peu plus tard, le chemin dépasse le lac, hum hum, ça sent mauvais cette histoire,
il paraît fort compromis d'en retrouver la berge, surtout que le soir tombe.
On décide de faire demi-tour et j'appelle Amandine pour la prévenir. Elle
décroche son portable et je lui dis tout sourire "oui salut c'est Cego, alors"
avant de me rendre compte que ce n'est pas Amandine au bout du fil.. c'est
sa mère restée à Paris avec son téléphone (ou transfert d'appel?), heureusement
il est 9h30 à Paris. La mère d'Amandine est aussi méditerranéenne que sa fille
alors je ne dis pas "on a perdu Amandine", pas fou le Cego! Je brode à peine
mais je me rends compte qu'elle n'a pas compris que j'étais déjà sur place.
Je raccroche un peu soulagé d'avoir bien su gérer ça. Ensuite, Rodrigue appelle
sa femme avec son autre numéro et on la retrouve vingt minutes plus tard sans
prendre de savon (ni même, à retardement, ce qu'avait estimé Rodrigue). On
ne pensait pas s'en sortir à si bon compte.
Comme on n'arrête pas de faire des restaurants (et que j'ai du vachement m'empâter
accessoirement), on se dit qu'on va faire des courses pour préparer un petit
repas froid. Avec un peu de chance, on trouve un hypermarché. En me baladant
(à la recherche d'Amandine, en vadrouille), je tombe sur une tête de gondoles
avec des produits de LOJT avec une étiquette
que je connais mais le nom d'une marque locale. Je prends deux photos et je
rejoins Rodrigue aux antipasti. Avant d'y arriver, j'entends qu'on m'apostrophe.
C'est une femme en uniforme genre sécurité du magasin
"Scuse me, Sir were you taking a picture?
- (interloqué) Err yes
- Can I ask you why?
- Well I work for this brand so I found it was funny
- Oh?? You're working for [marque locale]?
- Yes, zi Iouropean brande in facte (oui "j'accentue" mon accent^^)
- OK OK. No worries, you should have asked before.
- Well I'm really sorry I did not...
- No worries"
Oui j'ai un peu halluciné quand même... Satanées caméras omniprésentes. Nous retrouvons Amandine, la convainquons qu'un pain avec vingt tranches c'est largement assez pour le dîner et nous repartons vers notre motel pour un repas qui change un peu (pas terrible, leurs fromages...). Amandine et Rodrigue ne peuvent pas se passer de la télé même si c'est pour regarder d'un oeil des bêtises inintéressantes (la préparation du second tour des présidentielles, ça m'intéresse, la vision des Australiens aussi) et ils tombent sur Heroes et regardent vu que je leur en ai parlé. Les Australiens sont en retard de quelques épisodes sur les États-Unis, j'ai déjà vu celui-là avant de partir. Je leur dis que regarder un épisode au milieu de la saison (numéro quatorze) c'est rarement le meilleur moyen pour découvrir une série, mais bon ils insistent et me posent des questions. Je souris quand je les vois blêmir alors que Claire s'entaille profondément le bras. Après ça au lit parce qu'il le faut bien. Il y a une bible dans ma table de nuit, ce sera la seule du séjour.

Après un petit déjeuner commun dans les chambres, nous repartons. Au programme
: beaucoup de route et pas grand chose à voir, il faut juste rejoindre Adelaïde
pas trop tard. Nous faisons une pause (oui les accrocs du café...) à Millicent
où je me rends à la poste. La "ville" fait vraiment Lucky Luke, la poste,
le shérif et le palais de justice sont côte à côte dans la rue principale
(pas très loin du bar mais pour le croque-mort, je ne sais pas). J'envoie
mes cartes postales puis nous repartons vers Robe, joli petit port de mer
où Amandine me passe le volant. Ben oui il faut bien que je tente la conduite
à gauche tout de même. Je galère un peu avec la boite automatique mais je
me dis que c'est plus facile que si j'avais dû changer les vitesses sur ma
gauche. Bien entendu, je me trompe entre les essuie glaces et les clignotants....
Nous faisons le plein car après, il y a une route de cent cinquante kilomètres
sans vraie ville. Autant être prudent....
Destination : Salty creek au milieu de cette grande route peu intéressante.
Nous entrons dans la ville (panneau "welcome to Salty Creek"), passons devant
une station service (sans commentaires...) en nous disant "non, il doit y
avoir un restaurant plus loin" et cinquante mètres plus loin "Thanks for your
visit". Ah oui, petit le village... et ça me rappelle un dessin de Sempé.
Six kilomètres plus loin, un autre village, Policeman's point, encore plus
petit que le précédent : un endroit où manger. On s'arrête et on déjeune (barramundi
pané, encore), on est les seuls dans la salle.
Pendant ces trois jours de route, on a eu un peu le temps de parler. Amandine
s'inquiète (et je trouve ça touchant, quelque part) "Alors, tu détestes pas
trop être avec nous?" Non, ça se passe bien. C'est plus sympa à trois que
tout seul et puis Amandine a fait un itinéraire impeccable et a tout réglé
aux petits oignons pour les déplacements et les nuitées. Et une fille qui
connaît et aime "Can't
buy me love" ne peut pas être mauvaise. Notre vocabulaire est assez différent.
C'était déjà vrai avant mais j'avais oublié. Je
suis très loin d'être un expert mais il m'arrive de placer une
ou deux phrases familières ou argotiques, ce qui, au mieux, fait lever
un sourcil à mes acolytes qui ne connaissent pas le mot en question
ou trouve (c'est comme ça que j'interprète leur haussement de
sourcils) que ça ne se dit pas... Bien entendu, y a des trucs plus
"graves" ("c'est quoi grave pour toi?" "Ben, y a
pas mort d'homme, là") qui passent moins bien. Quand Rodrigue
(et sa femme mais ça m'étonnait moins d'elle) se déclare pro Sarkozy (enfin
surtout anti Royal, l'inverse de moi) et qu'il dit qu'il ne peut pas mettre
leur fille à la crêche car ils gagnent trop d'argent. "Avec le montant d'impôts
que je paye.." la phrase qui me fait grincer des dents. Je lui dis que je
pense que le Rodrigue jeune bachelier n'aimerait pas forcément le Rodrigue
devenu jeune père. Amandine me demande si je le pense et je le lui confirme.
Enfin si ça se trouve c'est lui qui a raison et moi qui suis immature... Je
lui dis un peu froidement que cela sert à ça la solidarité nationale et il
met un peu d'eau dans son vin. On n'a pas encore quarante balais mais on n'est
pas si loin de "Mes
meilleurs copains" lui dans le rôle de Gérard "T'as viré à droite depuis
que t'as du pognon" Lanvin (et moi je sais pas), pfff. Fin bon, "après tu
te chopes un ulcère t'es bien avancé" comme dit Dany. On a moins en commun
qu'avant, c'est sûr. La vie quoi. Sur ce plan là, je me sens plus proche du
marié. Ca tombe bien, Amandine a repris le volant et nous arrivons en vue
d'Adelaide, avec un programme bien chargé.
Commentaire(s) :
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