Lundi 11 juin 2007
"Vraie nature, celle d'avant, hostile"
Pour information, ici une carte de l'Australie (ma géographie était très approximative à ce sujet avant de partir) et des données sur la monnaie : un euro vaut 1.5 dollar australien (en gros à parité avec le franc suisse)
Le lendemain du mariage, un taxi nous attend sur le coup de 7h15. Les rues sont désertes et l'aéroport n'est qu'à quinze minutes. Je n'ai pas eu le sentiment de vraiment voir Adelaide, entre la Barossa valley et le mariage, on a eu peu de temps. Jolie ville pour ce que j'en ai vu, assez vivante et distinguée, pas mal de charme, de "vieilles" églises notamment.
Je suis assis à côté de la chauffeuse de taxi (mes acolytes sont allés à l'arrière) qui souhaite vraiment faire la conversation et commence à me parler de politique française et de Bayrou. Oui, ça fait comme un décalage surtout tôt le matin après une petite nuit. Je suis poli et je la renseigne comme je peux. Pour récapituler sur le séjour, j'ai noté que les Australiens suivaient vraiment les élections présidentielles et qu'ils étaient vraiment au courant... bien plus que moi sur la politique australienne. Alors ils en veulent toujours aux Français pour les essais nucléaires dans le Pacifique (alors que cela fait dix ans que c'est fini quand même...) mais ne pas être allés en Irak ça joue plutôt en leur faveur.
Dans l'aéroport on rencontre l'ami londonien qui rentre chez lui via Sydney (aller retour sur une semaine, ouch, c'est dur de n'avoir qu'une semaine de congés) puis nous partons pour Darwin (sur la côte nord, à 2500 km en gros). Je dors un peu pendant le vol, vol qui passe au-dessus du désert, il n'y a pas de nuages dans le ciel et que de la caillasse en dessous.
A Darwin, il fait plus de trente degrés et pas mal d'humidité (et pourtant c'est la saison sèche), gros choc thermique pour nous. On quitte l'aéroport (où beaucoup de bagages sont kakis, c'est bizarre), on prend un taxi pour aller à notre hôtel, un immense (et classieux) Holiday Inn. Il est 13h, on va tenter de trouver à manger. On marche dans de grandes rues vides vers le port. Là, on trouve un truc correct, chouette du barramundi, chouette, il est encore pané..... On hésite à visiter un peu la "ville" mais c'est pas si proche, on est à pied, il fait une chaleur étouffante et on est crevés du rythme pris ces derniers jours. Je renâcle un peu sur le principe mais on va se reposer et en fait j'en avais bien besoin : grosse sieste de deux heures pour moi. A l'heure prévue, je vais voir mes acolytes et en fait je les réveille. Je vais avec Rodrigue à la piscine de l'hôtel pour un bain nocturne. Comme lors de notre expédition à Mount Gambier, on prend le temps de parler. Il a le dos bousillé depuis qu'il a déménagé un collègue (qui est parti, qui veut revenir et Rodrigue ne veut pas), à même pas trente-cinq ans, c'est inquiétant. Je me rappelle que quelques jours plus tôt, quand j'avais dit que nos métiers (à eux et à moi) n'étaient pas importants, Amandine avait défendu son mari en disant que son travail à lui était important. Je pensais "important" dans le sens de "utile pour la société" en fait.... Puis nous mangeons tous les trois à l'hôtel tous les trois et nous nous couchons tôt. Car le lendemain, on vient nous chercher à 6h25. "6h25?? mais c'est super tôt, vous auriez pu prévenir" dit Rodrigue. "Ben ça fait trois jours qu'on en parle, tu pourrais suivre...", cela résume bien son degré d'implication dans le programme et le voyage. Mais bon il a fait son speech alors... Au programme, un voyage de trois jours à Kakadu Park.
Réveil à 5h45, j'allume la télé et cherche en vain une chaîne francophone. Je tombe sur une chaîne d'informations américaine (internationale? oui c'est pareil), ça parle des élections françaises, premières estimations fiables, Sarkozy est élu, grmpf. Là, tout être sensé serait retourné se coucher ou aurait envisagé de demander l'asile politique à l'Australie, oui je sais mais non j'ai un voyage qui m'attend et un réseau de résistance à monter hors de la Communauté Européenne. Trois minutes plus tard, la chaîne laisse la parole à un bloggeur français et je vois Le Meur sur mon écran. Vingt secondes plus tard, il fait l'apologie de la libre-entreprise, je coupe la télé, je n'ai pas fait quinze mille kilomètres pour subir ça quand même.
Petite incompréhension avec mes comparses, je les cherche un peu. Rien de grave mais avec l'heure qu'il est plus les nouvelles qui viennent de France (qui leur déclenche un grand sourire), je suis d'un naturel un peu moins enjoué que d'habitude (ce qui me vaut un "Cego, tu fais la gueule?", le meilleur moyen que je la fasse vraiment en effet). Je tente de leur expliquer ce qu'il s'est passé ce matin mais Rodrigue se fend d'un "C'est qui Le Meur?" "Tu ne le connais pas? Profite!".
L'hôtel est sympa, il nous garde nos bagages, alors qu'on a fini de passer des nuits ici. Du coup, on met dans une petite valise ce dont nous avons besoin pour trois jours et on évite de se balader avec moult kilos de trucs inutiles (par exemple, un costume ou de la mousse à raser). Suite à une brillante idée de ma part, nous n'avons que du linge propre. En effet, je commençais à être un peu juste pour la suite du voyage et je voulais profiter de nos trois nuits sur place pour nous occuper de ça. Le pressing sous traité coûte extrêmement cher (comme toujours) mais la réception me dit qu'ils ont des machines à laver (et des sèche linges) collectifs. Je vais voir, cela paraît très bien. Je retourne à l'accueil en demandant comment on fait pour la lessive. La réceptionniste me dit qu'elle en vend, qu'elle devrait pas faire ça mais qu'elle me donne deux sachets (alors que je n'ai rien demandé, je suis soufflé par la gentillesse des gens, car on peut pas dire que ce soit mon charme naturel quand même). "Mais pour le repassage, on fait comment?" s'inquiète Amandine. "On fait sans, on n'est pas en lice pour un concours de beauté non plus". Bref, grâce à cela, nous sommes bien partis pour la dernière semaine.
On trouve notre petit bus (je résume, en fait, ça n'a pas été si simple).
Sentiment un peu bizarre : vingt personnes dans le bus mais on avait réservé
un tour assez sportif (tout est relatif) et là on a bon nombre de personnes
pas super jeunes et pas forcément en super forme (ni bien équipées). Je me
demande qui s'est trompé d'endroit. Quatre heures de route (avec une petite
pause café où Amandine nourrit des canards et après tente de faire en sorte
qu'ils ne restent pas autour d'elle....) pour rejoindre le premier endroit
dans
Kakadu Park. Ce parc a été rendu aux aborigènes lors de la réconciliation
et depuis ils l'utilisent un peu comme ils veulent, sachant qu'ils ont la
majorité au conseil le gérant. Il y a des tensions à cause d'une mine d'uranium
exploitée avant la création du parc, pour les nouvelles mines en revanche,
ça passe par le conseil (et ça bloque). Je craignais un truc un peu touristique
du genre "venez acheter nos tapis" ou pire et en fait, je n'ai pas vu d'aborigènes
là. En gros, on peut aller dans les zones ouvertes au public, mais ils ont
des zones réservées, interdites d'accès. Parlons météo, oui c'est important.
Début mai c'est le commencement de la saison sèche. Le niveau des eaux baisse
et les routes redeviennent praticables. Un mois ou deux avant notre venue,
il y avait deux mètres d'eau en plus.... Oui c'est un climat de mousson là
bas. Même si c'est la saison sèche, il fait quand même chaud (32-34°) et humide,
bref c'est un climat tropical et franchement je ne suis pas trop fan. Je me
réjouis d'autant plus d'avoir mis ce pantalon de toile épaisse et légère et
pas un jean comme les deux autres.

Premier arrêt : Ubirr. Faudrait que je me reregarde Crocodile Dundee (parce que vingt ans après...), y a une scène où en haut d'Ubirr, il y a une splendide vue sur les alentours et il fanfaronne "It's my backyard" . Des rochers et de l'eau, c'est un peu Kakadu résumé (très grossièrement). Sur des rochers, on voit des dessins aborigènes : dessins jaune, rouge, blanc ou noir qui servent de littérature ou d'enseignement aux nouveaux membres de la tribu. Il est très difficile de les dater, une méthode est de voir ce que ça représente car certains poissons ou tortues sont arrivés à une certaine période. Bien entendu, cela est plus facile, si cela représente des bateaux européens ou des fusils. La matière employée est aussi un indicateur car le noir (charbon) reste bien moins longtemps que le jaune ou le rouge. Les plus vieux dessins ont plusieurs milliers d'années d'existence. La vue en haut d'Ubirr, oui, ça en jette vraiment. 360° de forêt (qui brûle un peu, c'est la période idéale pour préparer les cultures), de rivières, de rochers, c'est très dépaysant. A l'entrée d'Ubirr, il y a un panneau explicatif avec des photos d'aborigènes dont Bill Neidjiee, la personne qui a vraiment ouvert la culture aborigène aux Européens et qui a permis la création du parc. Avant sa mort (en 2002), il avait demandé qu'on ne masque ni son nom ni son visage. Alors que c'est assez courant chez les Aborigènes de masquer nom et visage d'un mort pendant les quelques années qui suivent sa mort.
Pause pique nique un peu plus loin, on a des plateaux repas assez standards. On avait repéré dès le début que ça parlait français à l'avant du bus, en effet il y a trois Françaises, la trentaine (j'aurais bien dit qu'elles étaient dans la décennie précédente, cela confirme que je suis nul pour estimer les âges), look baroudeur bref rien à voir avec les quadras anglaises en short et au maquillage impeccable qu'on a dans le bus. Ca me fait penser qu'au mariage à Adelaide, on a dit de moi (et que de moi) que j'ai une tête de Français. "On" m'avait dit pareil au Québec, je me demande toujours ce que cela veut dire. Enfin bref. Toute la matinée, nous n'avions pas parlé aux Françaises car c'est pas parce que l'on est de la même langue que l'on doit obligatoirement se parler mais là elles nous invitent à leur table (et on ne doit pas non plus obligatoirement s'ignorer non plus après tout). Elles nous disent qu'elles font un tour de quatre semaines en Australie, elles en sont à la moitié. Elles reviennent du désert (Ayer's rock tout ça) où elles ont eu de la pluie. "Du coup, on doit avoir des photos atypiques". Une infirmière avec une collègue et sa soeur (il aura fallu que je quitte l'Australie pour savoir que deux d'entre elles sont soeurs..), une étant de Picardie. "Ahh zut, j'ai laissé mon T shirt des Fatals Picards à Darwin" dis-je. Coïncidence, elles ont le même programme que nous sur ces deux prochains jours. Ensuite, elles iront vers Cairns et rejoindront Sydney en voiture.
Après le repas au bord d'un lac artificiel où on ne peut pas se baigner car depuis la création du lac, les crocodiles sont venus dedans (huhu), on rejoint les docks sur la yellow river où on va faire un tour d'une heure et demi au milieu de jolis oiseaux, des crocodiles (oui y a des "Alligators rivers" mais dedans il y a des crocodiles... quand les explorateurs ne sont pas biologistes, ça donne des erreurs) et avec deux bébés qui n'arrêtent pas de hurler pendant tout le trajet et que j'aurais
bien donnés aux croco.

On arrive ensuite à Gagudju Lodge park pour la partie "roots" car on dort
sous la tente. Enfin pas tout le monde, y a une partie du bus (les fameux
seniors) qui rentrent sur Darwin, c'était un voyage sur une journée, ah je
comprends mieux! Pour les cabines, "lodge" luxueux, il y a une dizaine de
personnes, et à cent mètres de là pour les "tentes" (enfin c'est des trucs
en semi-dur, avec un vrai sol, un lit, y a juste les parois qui sont en toile
de tente et puis y a pas d'électricité ni d'eau ni la clim), il y a le guide,
les Français et une Australienne sexagénaire en vadrouille. Nos tentes individuelles
(ou "deux places") entourent une grande bâtisse similaire (mais avec
électricité) qui sert pour le petit déjeuner.
C'est la fin de l'après-midi, il fait encore beau, on va à l'auberge du coin
(à cinquante ou cent mètres de nos tentes). Ilot de civilisation alors que
ça pourrait apparaître comme un rade hyper basique avec un petit magasin,
une piscine et un cybercafé avec modems à pédale. Un petit tour rapide (en
fait, très lent) sur internet pour voir mes mails. Amandine et Rodrigue disent
que je suis accro n'empêche que je reste quinze minutes (le temps d'une pièce
de deux dollars) quand eux y restent le double. Je motive Rodrigue pour faire
un tour à la piscine alors que la nuit tombe. On retourne à nos tentes, on
se change puis on rejoint Amandine toujours au bar. On mange sur place, j'opte
pour un burger, au moins j'ai pas de panure. Rodrigue tente les trois saucisses
: émeu, crocodile, kangourou. D'aspect elles paraissent super similaires,
il faut bien le dire (mais Bismarck a peut-être raison "les lois, c'est comme
les saucisses, faut pas savoir comment c'est fait"). Un voisin de table, prend
une saucisse, la fait rebondir sur l'assiette et dit "le kangourou c'est celle
là" (très con mais ça m'a fait rigoler).
Il est 20h30 et il fait nuit noire. Je taquine mes acolytes sur la nuit dehors
dans la nature, Amandine prend son air de la personne à qui on ne la fait
pas "Cego, c'est bon j'ai fait treize ans de scoutisme". Sauf que.... depuis
notre arrivée, elle était restée dans le coin civilisé sans se rendre compte
que la nuit, tout est différent. Moralité quand on rejoint notre campement
à la lueur des lampes torches, elle ne fait plus du tout la maligne. Elle
panique même en voyant qu'il y a des araignées dans sa tente et décide de
prendre un lodge (mais c'est complet) puis de dormir sur les chaises dans
la grande tente centrale. Je tente de la raisonner et de lui dire que dormir
sur des chaises en plastique c'est pas génial et que franchement il n'y a
pas grand chose à craindre. Mais va tenter d'être logique avec une phobique,
Toikimeli.... J'annonce que je vais me coucher, Amandine me dit "Non mais
ça va pas, il est que 21h30!". C'est vrai mais comme à 5h on sera debout,
autant dormir. Et puis il fait nuit et on n'a pas de courant (et on s'est
levé tôt). Je me couche en virant les quelques araignées de ma tente et en
me demandant quand même si Amandine n'a pas peut-être raison... pour des serpents
par exemple.
Je me suis réveillé dans la nuit vers 3h j'avais la forme (ça rappelle Timsit à Koumak, j'en parle le lendemain avec Rodrigue et Amandine demande "c'est où Koumak?"), je me rendors et suis réveillé vers 6h30 par tous les animaux qui piaillent. Plutôt bien dormi, moi en fait. Je fais un tour à la douche, froide (car il y a un problème lié aux travaux si j'en crois la note laissée à l'entrée) mais ça va quand même. Je croise Amandine qui finalement a dormi dans sa tente et tout s'est bien passé. "Ca a été la douche froide?" "Ben j'avais de l'eau chaude, pas toi?". Ah ouais les travaux ne touchent que les douches des mecs, et c'était même pas "avoué".
Petit dej collectif puis on part vers un musée aborigène à deux kilomètres
de la. Intéressant, bien fait, dommage qu'on y soit allé de 9h à 10h, c'était
encore les heures fraîches. On repart vers un endroit qui nous mène
après trois kilomètres de marche sous un soleil écrasant (et des mouches partout
tout le temps) à un billabong (trou d'eau) où certains se baignent. Deux (trois?)
bonnes heures aller retour et je vois pas trop trop l'intérêt du truc, car
sur le chemin y a pas grand chose de notable. Pique nique et même plateau
repas puis on repart vers un site proche d'aspect d'Ubirr.
Dans l'après-midi, on arrive à Jabiru, "ville" au milieu du park. On loge dans un camping pour camping cars et mobile home (cent quatre-vingt cinq emplacements possibles) mais on a des "lodges". Rodrigue et Amandine ont dû être surclassés, ils ont l'option grand luxe avec cuisine, salle de bain et clim (chère à Amandine, je dois dire que mon petit côté écolo me donne mauvaise conscience que j'utilise la clim). Moi j'ai une chambre toute bête, tout comme les trois Françaises, à quinze mètres de chez moi. Amandine me dit "Va dire aux filles qu'elles sont invitées demain à un petit dej à 7h15". Rodrigue et Amandine veulent se reposer, je vais avec mes voisines à la piscine juste à côté (et je transmets l'invitation) On se sent beaucoup mieux dans l'eau (et à la différence de la veille, il fait encore jour). On papote un peu, médecine notamment (et donc appendicite, mon expérience des hôpitaux étant heureusement assez limitée). "Ah ouais, sonde gastrique et lame, t'as eu la totale quand même"... Retour chez moi via un passage sous une douche chaude (c'est encore plus agréable) puis je rejoins Rodrigue et Amandine (éveillés). Rodrigue veut aller nager mais j'en reviens... Amandine veut faire des courses pour le lendemain dans le micro magasin du coin, je la suis, connaissant un peu ses travers. J'ai bien fait, je la tempère un peu dans ses achats en lui disant qu'on n'ouvre pas un bed and breakfast.
Je rejoins pour papoter avec Rodrigue à la piscine pendant que sa femme met les courses au frais quand Amandine arrive catastrophée "On a oublié le pain et le magasin est fermé... MAIS on m'a dit qu'à un quart d'heure y a une station service où on peut en acheter". J'essaie en vain de lui dire que ce n'est pas la peine, on a assez de nourriture et puis marcher une demi heure alors qu'il va faire nuit et que c'est marqué partout "beware of venomous snakes", ça me paraît moyennement intelligent... Elle insiste, alors je la suis, au moins elle ne sera pas toute seule. On marche donc au bord d'une départementale locale ("durée de vie moyenne sur une bande d'arrêt d'urgence d'autoroute? vingt minutes" me dis-je en frissonnant alors que nous marchons dans l'herbe à côté de la route..). Et là Amandine se rend compte que finalement l'idée était peut-être pas si bonne que ça et me demande pourquoi je n'ai pas plus insisté pour la freiner. "Parce que je pensais que t'avais compris. Et puis t'aurais fait la gueule..." (soupir). Néanmoins, on arrive à la station service, on trouve du pain (bien caché) et on revient sans encombre. Repas et au lit.
Le lendemain après une douche, j'arrive avec les filles chez Amandine et Rodrigue à 7h15 tapantes. Sur la table, il y a pléthore de plats déjà préparés, cookies, pain, confiture, céréales (pas de vegemite, ouf). On n'arrive pas à finir, logique..même si Amandine se plaint qu'elle a dû se priver (malgré nos propositions de partage) et que tout le monde n'a pas eu droit à un cookie ET une tartine ET des céréales.


A huit heures, rendez vous avec un autre guide pour aller à Arnhem Land, un parc aborigène interdit d'accès sauf autorisation spécifique (comme notre guide). On est une petite vingtaine dans le bus 4x4. On traverse des rivières (basses c'est la saison sèche), il y a partout des panneaux "attention aux croco" (et on a vu des gens qui se baignaient dans la rivière.. les tarés. Faut savoir que le crocodile est un guetteur, il attendra patiemment que sa proie soit à portée et il ne va jamais lui courir après. Mais sur cinq mètres, il peut faire du 60 km/h, et après ça va mal pour la proie).
Le guide est passionnant, car contrairement au précédent, il en sait plus
sur la culture aborigène. Il faut dire que sa femme est aborigène (fille de
suédois mais bon) et que depuis dix ans, il en côtoie plus, évidemment. La
structure clanique est super compliquée, voila ce que j'ai retenu (valable
peut-être que pour ce coin là de l'Australie, je te préviens). Déjà, tout
est divisé en deux signes, complémentaires (en gros, yin et yang). TOUT appartient
à un signe ou à l'autre : personnes, animaux, plantes... donc les activités
sont divisées. Pareil, on ne peut se marier qu'avec son complémentaire.
Plus compliqué : chaque aborigène a un autre signe, signe qui suit un cycle. Pour que ce soit plus simple, on va dire que c'est des couleurs. Si tu es "bleu", que ta femme est "rouge", vos enfants seront "vert". Oui mais comme les couleurs suivent un cycle, d'autres personnes dans le clan (ou ailleurs chez les aborigènes apparemment) sont "vert". Eh ben ce sont aussi tes enfants (ce qui implique des droits et des devoirs spécifiques, presqu'aussi important que pour ses enfants "de sang"). Le guide nous dit qu'il a été étonné qu'un pépé de quatre-vingts ans l'appelle Daddy, mais c'est comme ça et c'est valable aussi pour les frères ou les oncles (et je pense que ça renforce les liens même entre personnes pas du même sang, dans un environnement hostile, ça aide à la survie).
Le paysage n'est pas très différent de Kakadu pour tout dire c'est même assez vite répétitif : des rochers avec des dessins, de l'eau et des arbres. Mais les histoires, la civilisation c'est intéressant. Je passe sur les détails de la journée, on voit d'autres endroits, des termitières partout (un mètre de haut ce n'est pas rare), la tombe de Bill Neidjie, une pause pique-nique et thé local (fumé, beurk) puis on rentre à Darwin via Jabiru et un gros bus pour cinquante personnes où nous nous éparpillons. Nous mangeons dans un resto vietnamien à Darwin puis récupérons nos bagages à l'hôtel. Direction l'aéroport où nous avons un vol à une heure du matin. L'attente est bien longue, j'ai qu'une envie c'est entrer dans l'avion pour dormir. Sauf qu'un gamin hurle pendant une bonne heure. Quand on atterrit à Sydney sur le coup de six heures du matin, j'ai dû dormir deux heures et je me dis que la journée va être longue.
Commentaire(s) :
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