Vendredi 20 mai 2010

Voyage en Californie : San Francisco


Je me lève naturellement vers 7h30 après une nuit plutôt mauvaise. Dans une grande ville, il y a plus de bruit, surtout quand ma fenêtre donne sur une petite rue où des gens fument et papotent tard le soir. Après un passage à la douche commune, je sors en quête d'un endroit où petit-déjeuner. L'hôtel en conseille quelques uns dont Pat's Café où je vais. Repas très américain, avec pain perdu (French toast), œuf sur le plat (et j'ai appris que s'il est "up", ça veut dire que le jaune est apparent et non recouvert), saucisses). Je pensais en profiter pour utiliser internet mais hélas le café offre juste le wifi or je n'ai pas d'ordinateur sur moi... Je pense d'ailleurs qu'à terme ce genre d'endroits n'existera plus avec la prolifération des smartphones ou des ordinateurs portables avec connexion wifi.

Étant nouveau venu à San Francisco, je décide de ne pas réinventer la poudre et donc je suis le premier itinéraire de mon guide qui commence à Union Square, à côté du Visitor Center, le parfait endroit pour prendre son pass transport. Souci, c'est trop loin pour que je m'y rende à pied et donc je vais prendre le bus (payer le bus pour acheter un pass transport, c'est ironique). Une fois trouvé le bon sens de circulation (j'adore le compte à rebours sur le feu pour piétons), je monte dans le second bus 30 qui m'amène vers le sud. Le second car le premier était complet et donc ne s'est pas arrêté. Le bus dans lequel je suis devient aussi bondé (normal vu que le précédent n'a pris personne) une fois qu'on traverse Chinatown. En cinq minutes, le péril jaune !
Je galère un peu pour trouver le visitor center et finalement prends un pass trois jours à 20$ (il faut dire qu'à 3$ l'aller en bus et à 5$ le cable car, c'est vite rentable... surtout que San Francisco est tout sauf une ville plane). J'ai toujours en tête l'achat d'une nouvelle batterie et j'entre à l'ouverture dans le Westfield San Francisco Center, une sorte de Printemps. Je gambade entre les boutiques et les étages à la recherche d'un magasin de photo. On ne peut pas dire qu'il y ait grand monde. Aussi, je suis la proie des commerciales près des stands (entre deux escaliers notamment) qui tiennent absolument à m'offrir un café. J'en esquive au moins trois et en refuse deux (ce qui est une gageure). Je me fais coincer par une fille qui offre des "stripes" à passer sur les dents pour les nettoyer (bon segment de marché étant donné que toutes les autres offrent du café). J'arrive tout de même à "éviter le truc qui ne prend que deux minutes, si, si je vous jure" en disant que je dois partir. Tentant de me retenir, elle me demande d'où je viens, je réponds "France" (c'est plus simple que "Français mais je vis en Suisse" et puis au moins on ne confondra pas avec la Suède... ou le Swaziland) et elle enchaîne "Oh you are from France, that's GREAT!!!". J'aurais dit "Bostwana", elle aurait sans doute eu la même réaction...

Je quitte (sans batterie) le centre commercial et après m'être tâté longuement, j'entre au SFMOMA (le musée d'art moderne de la ville). J'y reste deux bonnes heures et fais le tour un peu vite en me disant qu'en effet l'art moderne me touche peu. A part peut-être le principe des Browns Sisters, la femme du photographe et ses trois soeurs prises en photo toujours dans le même ordre pendant des décennies. Ou celui qui a pris plus de 5.3 millions de couchers de soleil sur Flickr et les a rassemblés.

Allô, c'est Anas à l'appareil

Je décide de remonter vers le nord. En chemin, je trouve une boutique de photo (indiquée par le vendeur d'une autre boutique où j'ai fait chou blanc). On me dit "The good news is that I have the battery, the bad news is that it's 69$". Qu'à cela ne tienne, je vais bien devoir en acheter une de toute façon (toujours pas de marque générique en un an, c'est fou). Avec cette nouvelle batterie (vide), je me dirige vers Chinatown. Je passe la porte sur Bush Street puis me balade sans être vraiment convaincu (j'ai l'impression que tous les Chinatowns du monde se ressemblent....sauf la Old St Mary Church tout de même, un peu à part). Je mange à la House of Nanking (merci le Lonely planet) c'est copieux et plutôt bon (et pas de chichis dans la présentation), le couple à ma droite commande de la nourriture pour quatre. Je suis impressionné par leur appétit mais change d'avis quand je vois qu'ils emportent la moitié avec eux. En sortant, je vais voir des autochtones jouer aux Dames chinoises (ou papoter) sur Portsmouth Park avant d'apercevoir au loin la Transamerica Pyramid et de grimper vers la Coit Tower (c'est le nom de la famille qui a financé cette tour). Ca grimpe, vraiment fort mais le point de vue vaut le coup d'œil. Je redescends à l'hôtel via Washington Square pour faire une pause bienvenue (et un tour au cybercafé/bar du coin en plus de mettre la batterie à charger).

Chinatown et Cable-car All along the watchtower

J'ai rendez-vous avec un copain en poste ici depuis quelques mois en fin d'après-midi et je m'y rends en cable-car. Celui qui arrive est plein mais on me dit "faites le tour et allez à l'avant gauche, il reste de la place". Un peu étonné, je grimpe mais suis debout à l'extérieur avec mon sac à dos sur les genoux du mec devant moi (vital si on veut croiser les autres cable-cars). C'est super fun comme moyen de déplacement, pas super rapide, un peu fatigant (aïe mes bras) mais c'est à faire au moins une fois. Vers Union Square, je mets du temps à trouver la rue (la rue porte quasiment le même nom qu'une autre, bien plus connue, alors forcément je me trompe). J'évite d'entrer dans une boulangerie (alors que c'est le bon numéro), je monte à l'étage et suis accueilli par ce Français déjà croisé l'an dernier à Toulouse et l'année précédente en Suisse (et l'an prochain alors ?). Je papote une heure avec lui et m'étonne qu'en trois mois, il n'a rien visité de la ville. Je prends des notes mentales sur l'endroit où je suis (car ce n'est pas si facile d'y avoir accès) et puis comme il ne propose pas qu'on mange ensemble le soir, je le laisse et me dirige vers l'embarcadère, histoire de voir un peu le front de mer. Je prends un tramway pour le port et débarque au Pier 39 du Fisherman's wharf, une sorte de zone commerciale/parc d'attraction marin près duquel se prélassent quelques lions de mer. Je rentre dans mon hôtel en bus et fais des courses pour manger léger le soir (les magasins sont ouverts après 19h, le rêve).

The Lion sleeps tonight

Le lendemain, je me réveille à 7h25 après une meilleure nuit (moins de bavards). Le store de la chambre est cassé et ne remonte pas... Cela fait partie du charme de l'hôtel un peu décrépi. Je prends un petit déjeuner (chocolat chaud, bagel) au café du coin avant de papoter un peu avec la famille via internet et d'entamer ma journée. Je prends le deuxième itinéraire du guide et grimpe Lombard Street jusqu'à "The crookedest Street"... argh c'est vrai que c'est pentu... et dire que certains y font du jogging. En haut, il y a un bus de retraités québecois qui fait le chemin inverse. Je ne dis rien et reste dans le coin à les écouter (et à admirer le point de vue).
Je prends le cable-car qui descend jusqu'à la mer voulant aller au musée de la marine. Arrivé à bon port, je me dis que c'est idiot de m'enfermer dans un musée alors que le temps est magnifique aussi je décide de parler au "Captain Igloo" de faction au Maritime Historical Park qui (outre qu'il connait deux mots de français car bien entendu, mon accent me trahit) me dit qu'Alcatraz ouais c'est chouette mais vaut mieux réserver. Je me dis que je vais tenter et prends le tram F (au terminus duquel une SDF pisse par terre, c'est charmant) jusqu'au pier 33. Sauf que je rate l'arrêt (ils sont mal indiqués) mais le chauffeur à qui j'avais demandé s'il passait par là me dit "Hey you missed your stop" et fait une pause entre deux stations. Les gens sont gentils, Toikimeli, c'est un constat qui se vérifie.
Arrivé sur le quai, il n'y a pas de queue pour le billet... mais un panneau "next visit: Sunday".. Et merde... Pour en avoir le cœur net, je fais la queue et demande à l'employée "Is next trip on Sunday?" "How many tickets do you want?" "Nevermind, thank you" et je m'apprête à partir quand elle hausse la voix et répète sa question. Je réponds "One" et elle me dit qu'elle a sans doute une place à me proposer mais je ne pourrais pas négocier sur l'heure, ce sera à prendre ou à laisser. J'acquiesce et elle me dit "Today 12.10 pm", soit dans une heure et quart. Nickel ! Les gens sont sympas (bis).

Je dois être le trois millliardième à prendre cette photo

Je glandouille/bouquine une heure dans le café du coin avant d'embarquer sur le bateau qui m'amène sur Alcatraz. Un ranger fait un discours aux arrivants, indiquant les visites prévues. Je monte vers le bâtiment principal, prends mon audioguide (en français) et fais le tour du bâtiment qui a servi de prison (l'île a aussi été utilisé pour les militaires quelques décennies auparavant) entrecoupé d'une conférence sur un prisonnier en particulier (the Birdman). L'ensemble est impressionnant, très bien expliqué aux profanes et apparait assez idyllique sous le soleil. Bien sûr, on n'oublie pas que l'eau est froide (7°) et les courants marins bien forts ce qui change un peu la donne de ce qui peut être un supplice de Tantale car la vi(ll)e est toute proche.

Shut up Island A l'intérieur Anas à Alcatraz

Je rentre avec le bateau de 14h55, fais quelques achats puis me dirige avec difficulté (zone en chantier) vers le musée maritime qui est fermé (eh oui travaux). Décidément après Monterey, ça continue (j'ai bien fait d'aller à Alcatraz). Je vais alors vers le SF Maritime National Park où j'ai juste le temps de prendre mon billet pour monter sur de vieux bateaux, notamment l'Eureka et le Balclutha. C'est très petit comme endroit mais on peut voir des bateaux assez différents et leur histoire est bien expliquée (y a une classe de gamins qui fait ses devoirs sous forme d'exercice en plein air.

Full Speed ahead

Il est près de 17h30 et potassant mes guides, je vois un très bon resto dans le coin, une des meilleures tables de Californie, à savoir Gary Danko. Je me demande si j'ose puis franchis le pas de la porte. Je demande s'il leur reste de la place pour ce soir. L'homme et la femme (décontractés mais chics) me disent qu'ils n'ont rien avant 22h (trop tard pour moi) mais sinon je peux m'installer au bar, le menu est le même et c'est "premier arrivé, premier servi". Il est encore trop tôt mais je dis que je vais y réfléchir. Avec mon pantalon kaki, mon T shirt, mon sac à dos, je dois avoir plus l'air d'un clodo (non, un baroudeur) qu'autre chose...
Un coup de bus (30) et je repasse à mon hôtel. Vers 19h, je suis à nouveau devant le restaurant où 1/ on se souvient de moi 2/ il y a de la place au bar. Je m'assieds en face des serveurs/barmen, qui sont très pro. Le menu a trois à cinq plats, je vais opter que pour quatre (entrée, plat principal, fromage, dessert). La carte des vins est aussi hallucinante qu'à Monterey. Puisque je suis là, je m'offre un peu de bison en plat principal et des fromages mi américains mi européens. On est vendredi soir, la salle est assez pleine, pas mal de gens sortent pour le week-end : certains attendent leur table en prenant un verre au bar ou plutôt debout car le bar est plein. Il y a notamment trois jeunes filles sapées classe (une a un diadème cependant), je me dis que c'est la jeunesse dorée de Frisco mais je me trompe car elle demande au barman des conseils sur certains endroits où aller. A ma place, j'observe les clients et aussi les barmen qui préparent les cocktails, servent les plats ou virevoltent entre le bar et la cuisine (il y a une sorte de planche sous laquelle ils passent, cela doit vite être exténuant). Je sors du restaurant après avoir payé 140$ tout de même, mais je ne regrette pas l'expérience. Je rentre en bus, un peu fatigué de ma journée

Le lendemain, je me lève à 8h et casse une nouvelle fois le store (il a été mal réparé la veille). Je lance une lessive dans la machine de l'hôtel (2$ et 30 minutes) vais prendre mon petit déjeuner dans un café à côté puis reviens pour accrocher le linge comme je peux (pas envie d'attendre une heure que le sèche linge se termine).
Aujourd'hui, je fais un tour vers l'ouest et il faudra que je prenne des transports en commun pour couvrir toute la distance prévue. Cela commence par un bus vers l'exploratorium (une sorte de Cité des Sciences ou de Palais de la découverte, très sympa avec plein d'expérience à voir ou faire) et le Palace of fine arts. Ensuite, je veux aller vers le Golden Gate Park mais je me perds. A pied d'abord, tentant en vain de m'y retrouver dans le Presidio (un autre park) puis en bus (une fois que j'en ai trouvé un) qui fait un "raccourci" jusqu'au pied du Golden Gate Bridge avant de revenir vers le Golden Gate Park. Suivant de bons conseils, j'entre au Japanese Tea Garden (payant mais somptueux avec tous ces cerisiers en fleurs) où je bois un thé et fais des photos. Ensuite, je trouve le chemin du Strybing Arboretum que je parcours en vitesse (c'est moins exotique que le jardin japonais), j'entre dans la verrière victorienne du Conservatory of flowers avant de voir (sur les rotules car j'ai beaucoup marché) le de Young Museum qui ne me laisse pas un souvenir impérissable (à part l'église en cartouches) car je n'y connais pas grand chose dans les arts exposés (les tapis amish, franchement....).

Graou Le soin pour les détails

Je quitte le parc et prends le bus vers Haight Ashbury endroit mythique du San Francisco bohème des années 1960. Bof, cela fait un peu toc, genre Disneyland pour hippies avec ses boutiques partout. Pas trop mon trip. En revanche, il y a de belles maisons peintes dans le coin. J'apprends dans un cybercafé du coin que la France a battu l'Angleterre et gagné le Grand Chelem en rugby et pour fêter ça, je trouve un restaurant basque près du port (à l'autre bout de la ville), la Piperade.

En effet c'est coloré Ici aussi c'est coloré mais plus distingué

Je mange au bar entre un Canadien anglophone habitué des lieux et un couple anglais hôtelier (oui comme dans "Faulty Towers"), lui fêtant son 65e anniversaire. On parle un peu rugby et je peux sortir un perfide "sorry, good game" (ou équivalent). Il n'est pas trop tard et je veux me faire plaisir alors je prends le tram vers Ghirardelli Square pour manger une glace. Mauvaise pioche, il y a pas mal de vent et fait bien frais... et en plus l'endroit est bondé, je n'ai aucune envie de m'attabler. Moralité, je la mange en vitesse à l'extérieur, ce n'était pas ce que j'avais imaginé.
Je pourrais rentrer en dix minutes en bus (toujours le 30), quinze minutes à pied ou bien... en cable car!!! Mon pass expire à minuit, je vais en profiter. Trop de monde au terminus, je monte la rue pour prendre le cable-car à l'arrêt suivant. Cela grimpe sévère et j'arrive trop tard pour rattraper le véhicule (pourtant j'ai couru....). Coup de bol, il redescend (je ne sais pas trop pourquoi) et je peux monter dedans. Je change de cable-car bien plus loin, attends un gros quart d'heure le suivant sur une autre ligne qui m'amène à côté de mon hôtel. J'ai pris froid avec la glace, le vent, j'ai perdu un temps fou pour revenir MAIS j'ai rentabilisé mon pass en cable car, yeah !

Le lendemain matin (j'ai passé une nuit médiocre), mon linge n'est toujours pas sec.... Je suis attendu à Folsom pour le déjeuner cela me donne le temps de faire un peu de footing. Je prends exprès les rues les plus pentues (en me perdant, qui plus est) pour imaginer le profil de la courbe d'altitude de mon programme quand je vais rentrer. Courir à SF, c'est.... exténuant.
Chocolat chaud puis check-out, je récupère ma voiture (28712 miles au compteur) qui n'a pas de dégâts (ouf, le réceptionniste m'avait fait un peu peur au début). Je quitte San Francisco en faisant un détour via Castro et Twin Peaks (enfin de la brume !!!).
A mon arrivée, j'étais un peu circonspect, méfiant envers Frisco mais c'est vrai que c'est dur de ne pas aimer (surtout sous un temps magnifique).
Je pars vers Sacramento (la capitale) puis route 50 vers Folsom pour manger avec une autre connaissance du net.

On m'avait bien dit que c'était souvent brumeux ici

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"Si Dieu veut, toujours droit devant
Nous irons jusqu'à San Francisco"
C'était ça ou Hugues Aufray^^


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