Mardi 26 juin 2007
De petits voyages moins lointains
Pendant que je mets du temps à relater mon voyage australien, la vie continue. Mon cousin
Greg écrit un long mail (avec plein d'humour) sur ses aventures outre Atlantique et je suis un des destinataires.
J'hésite à faire pareil avec mon voyage et puis je décide de m'y mettre en mettant tout le monde en copie (une petite dizaine de personnes).
Cela donne trois longs mails, une version raccourcie (de moitié environ) de mes entrées précédentes. Je reçois même des compliments sur ma prose,
oui cela fait un peu bizarre et très plaisir. Un jour, j'enverrai à une partie d'entre eux, un mail avec comme titre "quelque chose à vous dire" et l'URL de ce site comme seul message. Un jour...
Je reviens au travail le lendemain de mon vol et à mon grand étonnement, je vais bien et ne souffre pas du décalage horaire. Sans doute le fait d'avoir passé un long moment à dormir, manger, lire, regarder des films. Ou juste que j'ai un organisme qui s'adapte? L'un ou l'autre en tout cas, j'apprécie. LOJT, peu de choses ont avancé en mon absence, ce serait même plutôt l'inverse, notre projet (enfin la partie automatique) est largement repoussée, mon patron ne croyant pas aveuglément quand les informaticiens nous disent "y a un nouveau truc qui devrait tout régler mais on l'a pas acheté et puis on l'a pas testé". Dans le doute, il vaut mieux ne pas s'engager sur une date en fonction de ces dires très flous, il a raison Roberto. Le soir même, je suis invité à un pot de départ et je croise une nouvelle venue (pour six mois) dans nos locaux. "Where are you from?" "I'm working in New York but I'm coming from Australia" "Oh I was there two days ago, funny". Elle est de Melbourne et comprend que je préfère Sydney, plus immédiatement charmante selon elle.
Je me remets rapidement dans le bain pour une toute petite semaine puisque je fais le pont de l'Ascension. Week end "grandeur nature" où je passe par le Jura, région que je ne connaissais pas. Ca monte bien plus que je ne me l'imaginais. Je fais une pause pour nettoyer mon pare brise dans une simili station service où à cinq mètres de moi, il y a deux vaches qui broutent et leur cloche qui sonne... un décor typiquement suisse en fait. Il fait beau tout le week-end alors que les prévisions météo ne donnaient pas du tout ça. J'en profite pour étrenner ma tente dans de bonnes conditions : les essais de montage/démontage dans mon salon n'étaient pas vains, je crois. Je rentre dimanche en fin d'après-midi (en prenant presque la douane à contresens.. bonne pioche, Cego).
J'y retourne un mois plus tard mais en quittant le boulot un vendredi soir.
J'arrive alors qu'il commence à faire nuit, je me gare vers l'endroit où devraient
être les tentes et.. personne. Etrange. Je vais dans le fort et les tentes
sont installées dans les salles. Vu comme il a plu (et devrait pleuvoir),
cela me paraît être une bonne idée (je suis préparé à la pluie mais si je
peux l'éviter...). Je squatte dans la tente de Binôme, Trinôme (revenu de
ses études canadiennes, ça fait super plaisir de le revoir) et leurs colocs.
J'avoue que j'ai pas mal d'appréhension (comme souvent en fait, sûrement un
moyen de me motiver) car mon personnage risque gros. Et le couple cannois
qui m'avait dit "Il faut que tu viennes en juin, ce sera un GN tout exprès
pour toi" : ce n'était pas fait pour me rassurer, je me demande toujours si
je peux être à la hauteur d'un gros rôle qui est important dans le jeu de
plusieurs dizaines de personnes. Etant donné mon statut un peu spécial, j'avais
eu des indications sur le scénario quelques jours avant le jeu et je suis
soufflé de voir un truc qui est très tordu mais plein de promesses ludiques.
Pas facile de garder tout ça pour soi mais je m'y tiens. Je joue le rôle d'un
agent triple, ce qui est assez épuisant au début, je réduis à "double" par
la suite, abandonnant la partie accessoire. Fin du jeu, mon perso reste en
vie, sa couverture intacte (merci les PNJ qui m'ont beaucoup épaulé) et comme
m'a dit le Cannois "T'es peut-être LE gagnant du jeu.. mais personne ne le
sait". Gagnant, peut-être pas mais j'étais un de ceux qui savait qu'il avait
beaucoup à perdre. Ce jeu restera sans doute un de mes grands souvenirs, je
suis super reconnaissant à l'équipe organisatrice d'avoir fait ce jeu en m'y
incluant de cette façon. Et en plus le couple cannois m'a offert un livre,
je suis gâté!
Paco m'invite à voir la finale de la ligue des champions chez lui. Je quitte le boulot pour faire des courses et de quoi faire des kotléti, il vient me chercher en scooter (je deviens de plus en plus à l'aise comme passager) puis il m'amène chez lui. Il vit dans une petite maison de "banlieue" (à dix minutes en scooter du bureau, il suffit de passer le pont). Paco a un an de plus que moi mais il est (petit) expatrié et ça se voit. Il vit dans une maison étroite à deux étages, on sent le luxe discret et la personne qui a les moyens (autant de surface alors qu'il vit encore seul...), rien à voir avec chez moi. On cuisine et j'ai du mal avec la viande : elle vient d'être hachée et est très humide, donc ce n'est pas évident pour sculpter les boulettes. "Taste is good but there is room for improvement for the shape" me dit Paco. Pendant que je regarde vaguement le match (moi et le foot...), on parle un peu à bâtons rompus. On se voit peu en dehors du boulot et c'est vrai aussi pour Clelia, je n'ai pas l'impression d'aider à leur intégration. Sans doute car je suis arrivé là avant eux et qu'en tant que Français dans une ville francophone, c'est plus facile pour moi, l'Assoce étant un bon exemple.
L'Assoce, justement. J'y vais un vendredi soir pour reprendre contact en
douceur après une assez longue absence. Pas trop dur de s'intégrer,
il suffit que je continue à être présent pour m'assouplir
un peu. Samedi (de la Pentecôte), je m'envole pour Roissy où Etienne
vient me chercher. J'avais tellement peur de le faire attendre que je lui
ai dit de venir plus tard et puis comme il n'a pas vu la route habituelle
("ils ont enlevé la route pour Roissy" a-t-il dit après, beaucoup de
gens se moqueront de lui car la route était bien là, la preuve on l'a prise
au retour, ah Etienne et ses "veilles"), il n'était pas vraiment dans les
temps. Je préfère comme ça que dans l'autre sens, remarque. Etienne et sa
femme reçoivent du monde le dimanche. J'apprends que c'est pour les "vingt-cinq"
ans de sa femme. Guillemets car apparemment c'est une tradition dans le groupe
de fêter ce seuil (et d'autres) mais elle y a échappé, donc elle le fait avec
quatre ans de retard. Sauf que c'est vraiment son anniversaire, que je ne
le savais pas et que je n'ai rien amené (à part des délices chocolatées bien
entendu). Leur enfant est malade et est assez exigeant, mais pour un gosse
pas en forme, il est plutôt calme quand même. Un copain à eux arrive, on prend
la voiture pour laisser leur fils chez les parents d'Etienne (la dernière
fois que je les ai vus c'était.... il y a six ou sept ans je crois) puis on
se rend à Compiègne où nous devons acheter du vin puis aller au restaurant.
Ca tombe bien, il y a une foire aux vins et au fromage, on y reste une petite
heure et on achète peu, puisque pour le champagne, le prix était plus cher
que sur internet chez le même fournisseur, va comprendre, Toikimeli. Je me
fais encore emmerder car je prends des photos, décidément après
Mount Gambier, Compiègne. Nous rentrons assez tard du restaurant, récupérons
le gamin et je reste assez longtemps avec Etienne et son pote (qui a juste
six jours de moins que moi...) à tester un jeu. "Hey les gars, j'apprends
des expressions marrantes en Suisse, du genre "je me suis encoublé sur un
caillou et suis tombé par terre", marrant non?" "Ah ouais, ici on dit "s'empierreger"
(ortho non garantie). Ah ouais forcément..
Le lendemain, j'aide à préparer le repas du soir en alternant avec un jeu
de bagnoles (arcade) sur consoles qui me confirme que je suis nul à ça, mais
alors vraiment nul. Enfin au moins le bruit du moteur endore le moutard. On
aurait bien fait un foot tout bidon mais il pleut depuis le matin. L'ami de
la veille arrive et on va chercher la paella du soir dans un village voisin
(ouvert un dimanche, ça me surprend beaucoup... La femme d'Etienne me dit
que c'est parce que c'est un village touristique). Nous revenons et un peu
plus tard arrive la douzaine de personnes attendues. J'en ai vu la plupart
au réveillon ou à celui
d'il y a trois ans et demi, la plupart me connaît assez bien. La
femme d'un des membres du groupe est assez pénible, toujours prête à se batailler
sans trop de raisons (ou avec des raisons qui se contredisent). Je l'avais
trouvée assez hautaine la fois précédente, là je la trouve surtout fatigante,
forçant l'attention autour d'elle et des personnes (donc ce n'est pas que
de sa "faute") qui saisissent malicieusement les perches (ou les lui tendent).
Ca se calme au bout d'un moment quand même. Ce qui est rigolo c'est que son
mari me dit en substance (après avoir commencé par un charmant, mais vrai,
"T'as grossi, non?"...) : "Faudrait peut-être penser à te marier, Cego, tu
rajeunis pas, tu sais". Or, je ne suis pas sûr que son exemple soit vraiment
très incitatif pour moi. Le repas se termine plutôt tôt car certains travaillent
le lendemain, je prolonge la soirée avec Etienne et son pote. Le lendemain,
il me ramène à Roissy en début d'après midi et je reprends l'avion. Toujours
sympa, Etienne, je le dis à chaque fois mais Sam Gamegie, ça le résume bien.
Le mardi suivant, je vais voir un ancien collègue qui est dans le coin. De l'âge de mon père, il est parti en maladie juste avant de se faire virer de LOJTFrance. Il a des côtés attachants même si son côté vieux garçon fait des fois peur à voir. Par exemple, il fait toujours les mêmes choses au même moment (quasiment à la minute près) et je me souviens qu'il était en panique quand le président de LOJT voulait parler à tout le monde dans la cafétéria à 9h30 car "en principe j'arrive à 9h30 et prends mon petit déjeuner dans la cafétéria, déjà il va falloir que je me lève plus tôt pour arriver vers 9h10. Ah mais non car ils vont préparer la cafétéria et enlever les tables bien avant 9h30 donc je vais pas pouvoir m'asseoir là bas", tu vois le genre de trucs. Je sais qu'on a tous des manies (pour les autres, "saines habitudes" pour soi) mais à ce point là, c'en est presque maladif. Bref, il m'appelle pour me dire qu'il est chez des amis en France et qu'il est malade donc ne pourra pas venir dans ma ville. Son appel tombe mal j'ai une grosse réunion à préparer et j'avoue que je le vois sans déplaisir, mais sans grand enthousiasme non plus. Je choisis le jour le plus favorable pour moi (par rapport à mon travail, s'entend) et je mange avec lui un soir puis je la ramène. Il devrait repasser d'ici cinq mois. Retour à l'Assoce le vendredi soir, je reste peu longtemps car demain je pars tôt.
En effet, je prends le train pour voir Lulue
à l'occasion du match retour. En effet, je
l'avais accueillie pour le match aller, il y a six mois environ et comme
elle comptait quitter la région, on a fixé une date pour se voir. Je prends
le train pour Aix les bains, je suis surpris par la taille du lac du Bourget.
A l'arrivée, personne sur le quai, je sors par une espèce de sortie (en travaux).
Pas de hall digne de ce nom, d'espace attente (et pas de Lulue), je rebrousse
chemin en me disant qu'il doit y avoir un autre endroit. Et en fait, non!
Donc je reviens sur mes pas et tombe sur Lulue essoufflée "Désolée, je suis
en retard". Alors que je pensais qu'on allait voir la ville et que je la suis
dans la rue, elle m'amène chez elle. "On bouffe ici et après on va à Chambéry,
y a des animations médiévales, OK?". "Ouais mais tu vas peut-être pas t'embêter
à faire la cuisine non plus, tu sais". Elle fouille dans ses étagères "Ben,
euh j'ai rien, à part euhhhh t'aimes le riz??" "On va se trouver une brasserie
ce sera plus simple, je crois". On papote un moment dans son appartement,
un meublé au troisième sans ascenseur en centre ville ("un peu trop de bruit
pour une fille de la campagne" me confie-t-elle) assez grand pour une étudiante
et plutôt bien conçu. En vrac, elle termine ses études d'ingénierie
écologique mais elle a du mal, ses notes ne sont pas géniales, tout
juste suffisantes, alors qu'elle travaille, elle ne comprend pas vraiment
ce qui cloche. Elle part dans un mois pour cinq semaines dans une ferme bio
à l'ouest de l'Irlande puis revient quelques jours en France avant d'étudier
pour une année scolaire au Québec. Elle a eu une bourse (sans ça, c'était
même pas envisageable), est ravie d'aller là bas, même si elle appréhende
un peu de tout le changement qui va arriver en si peu de temps. Elle est mimi,
Lulue (ahah) dans son indécision et dans son envie de liberté. Ca confirme
ce que je voyais il y a six mois, ses deux frères vivent encore à côté de
chez ses parents, quand elle est partie vivre deux ans à cent kilomètres puis
deux ans à l'autre bout de la France et là c'est l'international qui se profile.
Ca lui plait énormément mais ça lui fait peur en même temps, je peux comprendre
ça, sans souci, c'en est même assez touchant. Les formalités sont en
train d'être remplies, tout se met en place. Son parrain de promo était là
bas donc elle a pu avoir des informations pratiques. Je lui dis que je connais
plutôt bien une personne (la Cannoise) qui est allée là bas (dans un autre
domaine) alors, si elle a besoin d'aide, je peux les mettre en contact. Lulue
n'aime pas trop le fait qu'elle devra compter sur l'argent de ses parents
pour vivre sur place, car elle n'aura pas de permis de travail et ne veut
pas frauder. "S'ils sont aussi pénibles que les
douaniers, t'as bien raison de faire gaffe". Aucune chance que ses parents
ne viennent, ça coûte trop cher pour eux. "Je vais prendre une coloc avec
une copine et d'ici là, j'espère avoir arrêter de fumer. J'ai dit pendant
deux ans que j'arrêtais quand je voulais et j'y croyais...". "Ca tombe bien
j'hésitais à te ramener des cigarettes et puis j'ai pas trop eu le temps alors
je t'ai amené du chocolat!" Tu m'étonnes que cela tombe bien, elle
préfère le chocolat.
On va manger dans une crêperie puis on prend la fameuse Luluemobile pour aller
à Chambéry. La plupart de ses copains d'école vivent là, elle est un peu isolée
à Aix. Lulue n'est pas très calée comme guide, elle ne connaît vraiment pas
l'histoire de ces villes. On passe près des éléphants, "les quatre sans cul"
qu'elle me dit, ce qui est confirmée par une passante faisant elle aussi guide
apparemment. "Tu vois que je te dis pas de bêtises!!". Les animations médiévales
sont médiocres, quelques boutiques et des jeux pour enfants. On va faire un
tour dans un jardin qu'elle ne connaissait pas puis on va prendre un pot dans
un bar. Elle a un dossier de fin d'études à rendre, elle doit trouver une
solution pour la fontaine d'un hameau dans la montagne et ce n'est pas facile
car elle n'a clairement pas toutes les compétences. Elle me ramène à la gare,
je la remercie pour son temps passé, lui souhaite bonne chance pour l'été
qui arrive. La prochaine fois que je la verrai (si cela arrive), elle aura
bien changé je parie.
Je prends un train et retourne en Suisse. J'arrive à l'Assoce où j'assiste
à une réunion sur les travaux de cet été : une salle doit être refaite, nous
devons voter sur les propositions qui nous sont faites. Je tente d'être constructif
et pratique et surtout j'observe comment les débats sont menés. Un Anglais
(qui parle très bien français) tente de parler en vain puis dit "Ce qui est
dingue chez les Francophones c'est qu'on peut pas intervenir sans se faire
couper la par..." "Je ne suis pas d'accord" dis-je avec un grand sourire et
une sacrée mauvaise foi!! Plutôt bon enfant comme ambiance en fait.
Quand on aborde le choix de la couleur, j'annonce "J'ai bien un avis mais
j'ai pas de goût alors je vais m'abstenir". C'est plié en une heure, travaux
prévus pour août. Je vais venir aider dans la mesure de mes moyens, je me
demande quand même comment une bande d'amateurs peut mener ça à bien (surtout
pour des trucs qui ne s'improvisent pas, comme l'électricité). Enfin, si on
me dit quoi faire, je peux aider. Et quand je vois que tous les ans, ils rénovent
le local, ça doit être jouable, tout compte fait.
Je trouve même un peu de temps de libre pour retourner en région parisienne, cela fait plusieurs mois que je n'ai pas vu mes parents. Je prends un vol le vendredi soir, ma mère vient me chercher à l'aéroport (mon père est au Vietnam). Je mets un peu de temps à la trouver d'ailleurs. C'est bientôt la quille pour elle, puisqu'à la rentrée 2007, elle ne fera que des remplacements et que pour une durée de six semaines. Elle a fait (dû faire) un pot de départ, elle était ravie de partir alors que ses collègues étaient très tristes, bien plus qu'elle en tout cas. Le décalage l'a surprise, c'est rien de le dire. En tout cas, elle a eu en cadeau de l'ameublement pour le jardin, un truc très "Veuve noire" en somme. Le lendemain matin, j'ai rendez-vous chez le coiffeur j'y vais à pied, c'est à un gros quart d'heure en marchant bien, cela ne me fait pas de mal (et idem pour la planète). Dans la rue, une voiture s'arrête à côté de moi "La route pour Kestufous sur Yvette, s'il vous plait". Je vois très bien où est l'endroit mais je dois me concentrer pour trouver le chemin exact. J'ai été un peu pris au dépourvu mais ça fait bizarre tout de même que cela ne vienne plus aussi vite qu'avant. Retour à la maison, on Skype (audio et vidéo) avec mon père. Son "chef" est dans sa chambre car il a rendu la sienne et prend une douche avant de rentrer en avion en Europe. "Hey, y a un mec en caleçon dans ta chambre!! En plus, tu peux facilement trouver les mêmes ici, pas la peine d'aller si loin!!". Mon père est pas mécontent d'avoir fait le plus gros du travail et que ce soit bientôt fini. "Hmm, c'est ce que tu crois, si ça se trouve, tu vas rempiler pour un an ou deux" dis-je malicieusement sachant que son chef est à l'écoute (et que mon père fera bien ce qu'il veut au final). Etonnant tout de même de se sentir si proches alors qu'on est à plus de dix mille kilomètres. Je ne range pas ma chambre, il faut dire que je n'ai rien pour ramener des affaires et puis il m'en reste si peu (quelques fringues). "Avec la partie Vietnam, forcément on a pris quelques mois de retard sur le planning" me dit ma mère, ça me rassure un peu. Déjà ça repousse l'ultimatum du rangement et puis cela va me faire quelque chose de ne plus aller dans cette petite ville (car sans mes parents je n'ai aucune raison d'y aller), au bout de vingt-sept ans, ce n'est pas anodin.
Après avoir longuement parlé de l'Australie, ma mère m'amène au RER (envahi
par des fans de rugby) et je me rends chez Isabelle
et Thierry. L'ascenseur s'ouvre et
imaginant qu'ils m'attendent tous avec la porte d'entrée entrouverte, je passe
juste la tête et regarde dans la direction de l'appartement avant de rentrer
la tête. Quand j'entre, la cadette (quatre ans en juillet) me dit tout sourire
"Cego, t'as fait une blague!!". Elle est marrante la cadette : super farouche,
très déterminée et émotive, elle est du genre à se laisser aller quand
elle est en confiance. Avec moi, ça va je suis adopté, elle fait la folle
en sautant sur le canapé (ce qui énerve ses parents, bien entendu). En plus,
depuis toujours, elle est fan de grenouilles et j'ai trouvé dans ma chocolaterie
préférée une grenouille en chocolat que j'ai achetée immédiatement,
avec en prime un papillon pour la grande soeur. Hélas le papillon n'a pas
supporté le voyage, il est en morceaux. La cadette est ravie par son chocolat,
l'aînée ne marche pas au "C'est un puzzle en 3D", mais elle est contente quand
même. La petite soeur veut garder la grenouille mais elle regarde sa main
et dit "ça fond...", "Ben oui fripouille, c'est du chocolat!". Isabelle casse
la grenouille, cela évitera qu'elle (pas Isabelle, sa fille) ne veuille la
garder six mois (beurk).
Dans la cuisine, Isabelle dit à Thierry "T'as pas dit à Cego pour la grande
nouvelle?? Ben alors qu'est ce que t'attends?". Je jette un oeil sur le ventre
d'Isabelle car peut-être qu'ils voudraient un troisième enfant, on n'en a
jamais parlé mais ce n'est pas le genre de trucs dont je parle.. et eux non
plus en fait. Comme elle est assez enveloppée, je ne vois rien d'anormal,
mais cela ne veut rien dire. Et puis je sais que dans le doute, je laisse
la personne en parler. Même avec cette collègue (de passage) qui manifestement
entrait dans son troisième trimestre de grossesse, je n'ai pas dit "Alors,
c'est pour quand?" car une fois qu'on a entendu "Euh non je ne suis pas enceinte...",
on est vacciné.. pour longtemps. J'ai bien fait de ne pas l'ouvrir, Isa me
dit qu'ils vont acheter une maison dans les environs vers la fin de l'été.
J'avais entendu qu'ils avaient fait des visites mais pas que c'était déjà
bouclé. Petite pique d'Isa sur les deux bornes d'arcade et toutes les consoles
de son mari, bien entendu!
C'est un peu le calme avant la tempête car le lendemain l'aînée fête ses six
ans et il y a dix gamins qui débarquent (ouch la tornade de mômes). Or la
grande soeur a décidé que ce serait "son" anniversaire et qu'aucune de ses
copines ne parlera pas à sa soeur. Les parents tentent de lui expliquer qu'il
ne faut pas réagir comme ça mais ils savent qu'elle fera tout pour empêcher
sa soeur de jouer avec les autres (sur douze personnes, on peut faire des
mini groupes) et qu'elle va bouder dans son coin à un moment de l'après-midi.
Pas partageuse au niveau de ses copines (plus au niveau de ses jouets) et
vite en colère. Je sais pas si c'est lié à l'âge ou à la personnalité mais
la grande est plus chouineuse, elle demande plus d'attention. Ouais je préfère
la petite soeur, même si je sais que j'ai droit à sa version extravertie ce
qui est rare. Je dors sur place, suis réveillé par la grande le matin, montre
à la petite comment on met des lentilles. Question idiote de ma part "Tu sais
ce que c'est une lentille?" "Oui!" "Euh je parle pas de la lentille qui se
mange en fait...", forcément. J'avais des plans pour le repas de midi gare
de Lyon mais aucune des deux personnes n'a pu venir (j'avais peu de possibilités
à offrir il faut dire), donc je reste manger le midi chez Isa et Thierry.
Je fais des courses avec lui le matin, cela nous permet de parler un peu de
plein de choses. Il a changé, c'est vrai. Bien plus relax sur l'éducation
de ses filles (avant chaque petit truc était une montagne et il s'énervait
très vite), il mange plus équilibré (même des légumes!!). Je les quitte en
début d'après-midi, attrape mon RER puis mon train pour rentrer chez moi.
La prochaine fois que je les verrais ce sera dans leur nouvelle maison j'imagine.
Commentaire(s) :
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